| Biography |
Alps
Lyskamm 1945 Douves Blanches 1946 Taeschhorn 1948 |
Himalaya
STOK 1951 NUN 1953 MATHO 1954 Ganesh 1955 Everest 1952 |
Alps
Salbitschijen 1966 Lenzspitze 1966 Mischabel 1972 Mont Blanc 1973 Meije 1975 On Climbing Handbooks 1977 |
Miscell |
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Article de Pierre Vittoz sur les livres-guides de montagnes. L'auteur se plaint de n'avoir vendu, en l'année 1975, que 216 exemplaires de son Guide des Alpes Vaudoises (ce qui en vérité est déjà pas mal du tout...). Il déplore que fort peu d'alpinistes se montrent enclins à en rédiger. Il ouvre finalement en Suisse le débat, entamé aux USA, sur l'utilité de principe et l'éventuelle nocivité des guides de montagnes. Passe-moi le guide! Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1977 dans "Les Alpes", le journal du Club Alpin Suisse. Copie de sûreté 20 sept 2025. Source: CAS. Ci-dessous, texte traduit du français en allemand. Ma bibliothèque en a tout un rayon. D'abord, bien sûr, les guides du CAS avec les Alpes valaisannes, vaudoises, bernoises, uranaises et grisonnes, plus le Jura et les Préalpes franco-suisses. Il y a aussi les Guides Vallot du massif du Mont-Blanc, les classiques du Salève et des Engelhörner, et d'autres jusqu'à la Norvège et au Cachemire, sans oublier des traductions: les Anglais ont soigneusement pillé le Vallot, comme les Allemands ont fait pour les Dolomiti des Italiens. Ajoutons-y des brochures sur les petits massifs qui font la joie des rochassiers, depuis les Écoles d'escalade vaudoises jusqu'aux Calanques en passant par les Dentelles de Montmirail et le Baou de St-Jeannet. Il faut aussi compter les Fiches Mythra et les 100 plus belles courses du Mont Blanc et de l'Oisans lesquelles sont en train de faire des petits pour le plaisir de nos yeux, sinon de notre porte-monnaie. Je m'amuse d'ailleurs à relever que le premier de ces choix de courses que je possède n'est pas de Gaston Rébuffat, ni de Walter Pause, mais le Guide illustré des Alpes suisses, auquel l'illustre Marcel Kurz collabora en 1906 déjà! Ces livres n'ont pas le temps de s'empoussiérer. Je les ouvre souvent pour ruminer des souvenirs ou des projets. Et je pars régulièrement en montagne avec l'un ou l'autre, ou du moins avec la copie de quelques pages et d'un croquis. Et voilà que des gens n'ont pas l'air d'aimer inconditionnellement cette littérature. On demande dans quelle mesure elle sert vraiment, et si elle révèle, ou au contraire nous cache, la montagne. Premier signe avertisseur: la lenteur avec laquelle certains manuels se vendent. [PV oublie que, en réalité, le marché des alpinistes est tout petit, tout simplement...] Pour l'année 1975, même le guide de nos belles Alpes vaudoises (le seul que je puisse mentionner sans risquer de froisser son auteur!) n'a eu que 216 acheteurs. Les six volumes touchant au Tessin, au Jura, à la Savoie, à Vaud et Fribourg n'ont pas dépassé la moyenne de 170 ventes dans l'année. [Pourquoi les mentionner s'il déclare craindre de froisser leurs auteurs en évoquant les faibles ventes?...] Une autre signe de malaise est peut-être la difficulté que le CAS éprouve à trouver des auteurs et des collaborateurs pour la rédaction de ces livres. En Suisse orientale, voilà des années et des lustres que les démarches se succèdent en vain pour dénicher un connaisseur des Alpes grisonnes, disposé à se mettre à la tâche. [PV oublie de mentionner que les deux problèmes pourraient être liés: les grimpeurs ne se pressent pas pour rédiger des ouvrages en sachant qu'ils ne se vendront pas...] Quant à obtenir des renseignements que toutes sortes d'alpinistes pourraient donner, c'est une autre question! Pour les Alpes valaisannes, Marcel Kurz se lamentait déjà en 1930 du silence qu'il rencontrait, et son successeur Maurice Brandt ne compte plus ses déceptions. Même le guide Vallot [en souffre]: l'édition 1975 de son volume III comporte des imprécisions et des erreurs dans le massif du Trient [en Valais], par notre faute à nous, grimpeurs romands, qui connaissons bien la région, mais avons négligé d'envoyer aux auteurs nos notes et corrections. Je continuais à feuilleter mes guides sans sourciller, quand j'ai appris que les grimpeurs américains (qui nous ont déjà enseigné deux ou trois choses en alpinisme [même en Europe (?)]) mettaient en question le principe même des livres descriptifs, et poussaient la réaction jusqu'à décider que des régions de leur pays ne seraient pas couvertes par les guides-manuels. Les Français, à leur tour, ont levé le lièvre, et "La montagne et alpinisme" dans son numéro 104, 2/1976, reproduit une longue discussion entre les auteurs et responsables d'édition du CAF. C'est de cette discussion que je voudrais apporter l'écho dans "Les Alpes" pour ouvrir le débat en Suisse. Il n'est pas question pour moi de brûler ce que nous avons adoré. Les guides-manuels sont dans nos mœurs et dans nos sacs, et ils ont rendu tant de services ils nous ont fait découvrir et réussir tant de belles courses que ce serait aussi stupide qu'outrecuidant de nier leur valeur et de suggérer leur disparition. Mais un échange d'idées avec leurs utilisateurs débutants ou chevronnés serait utile à leurs auteurs, au CAS et peut-être à l'alpinisme lui-même. À la racine du problème, il y a l'extraordinaire augmentation du nombre des grimpeurs. C'est évident pour quiconque court les sommets depuis vingt ou quarante ans: certains itinéraires sont maintenant encombrés de monde, jalonnés de pitons inutiles, couverts de détritus. La mode y a sa grande part, la qualité du matériel aussi. Mais les instruments écrits aussi, depuis les photos alléchantes des choix de courses jusqu'aux manuels qui présentent en détail une région délimitée. Continuons-nous par routine à faire tous nos efforts pour amener les gens à la haute montagne, ce qui était justifié dans le passé, mais ne l'est plus nécessairement aujourd'hui où l'alpinisme et la montagne risquent d'être gâchés par l'invasion humaine? La question est clairement soulevée au début du volume V des Alpes valaisannes, dans lequel Maurice Brandt décrit avec autant de minutie que de compétence environ 500 itinéraires entre les cols du Simplon et de la Furka, chaîne peu connue des grimpeurs. Dans sa préface, le Comité central du CAS écrit: «Nous avons le grand devoir de garder intact ce qui semble être bientôt une des dernières réserves permettant le délassement si nécessaire à nos vies agitées. Il ne s'agit pas seulement de protéger cette région contre les installations techniques, mais aussi contre le développement touristique, afin de laisser vierge ce havre de paix.» Étrange façon de présenter un livre dont les milliers d'exemplaires sont destinés à conduire dans ce havre de paix [des milliers de gens]... Deux pages plus loin, l'auteur lui-même note: «Cette région a eu le privilège de rester à l'écart des grands courants touristiques. N'y aurait-il pas lieu de l'en préserver encore? C'est une question à laquelle je serais enclin à répondre tout de suite affirmativement.» Sur cette lancée, l'auteur demande très justement si le CAS ne pourrait pas «renoncer à aménager d'autres cabanes dans la région». Et les publications? C'est qu'un guide a peut-être plus d'influence qu'il n'en a l'air. Parfois, l'alpiniste a fait son choix, et n'ouvre le manuel que pour s'informer du [meilleur] cheminement. Mais d'autres fois, et je crois que c'est le plus souvent le cas, il feuillette son guide à la recherche d'un but de course, et il choisit son objectif d'après les commentaires du genre «itinéraire intéressant», «mérite de devenir classique», «très belle course», ou «TD», que l'auteur a égrenés au fil des pages. Il est bien normal de suivre les conseils des connaisseurs, mais en fin de compte le guide-manuel amène tel sommet à être encombré, tel autre à être délaissé. Quant à ceux qui (là, je dois plaider coupable!) signalent publiquement que tel flanc est encore vierge, faut-il les condamner comme entremetteurs?... H. Isselin, auteur de monographies célèbres, estime que l' alpiniste a trop longtemps considéré la montagne comme une salle de gymnastique « et dédaigné superbement les populations qui y vivent ». Il semble que nos manuels suisses tombent dans le travers de correspondre à cette optique. Par leurs indications techniques, ils poussent de plus en plus à une approche athlétique, et même compétitive, des sommets. Pour les populations, on mentionne à l' occasion les chamois ( Jura, Alpes vaudoises ) ou les vipères ( Alpes fribourgeoises ), mais pas les humains. Le cas extrême est 18 Première apparition du Nun ( y 135 m ), le plus haut sommet du Cachemire indien 19 Le £ t ( vu du camp de base ). Il culmine à environ 6400 mètres. Les chutes de séracs le rendent particulièrement dangereux 20 Le Snow Plateau ( 6300 m ), vu du camp II, et deux sommets anonymes celui des Alpes uranaises où, malgré les directives formelles du CAS, les auteurs ont le plus souvent négligé même de signaler les noms des premiers ascensionnistes. Ne prétendons pas qu' il soit nécessaire de publier un historique des villages et une géographie économique de la région, mais il est sûrement possible de présenter la montagne en évoquant ses aspects humains. Nos manuels se doivent de ne plus entretenir une conception sèche, bornée, inhumaine, de la montagne. Le guide présente-t-il des risques? Pas de façon directe. Sauf dans d' éventuels cas extravagants, personne ne s' est perdu à cause du manuel qui l' aurait fourvoyé. Au contraire, en indiquant précisément les difficultés, surtout avec la généralisation de la cotation en degrés, les guides font éviter bien des risques et des dangers, et sûrement des accidents. Mais le guide présente un danger sournois. C' est celui d' émousser l' initiative du grimpeur, et même ses capacités d' observation. Après avoir proposé à l' homme un but de course, le livre lui indique souvent le matériel à emporter, l' heure à laquelle se lever, la distance à laquelle s' encorder, les obstacles à éviter, l' endroit où chausser les crampons, les pitons à utiliser ou laisser de côté, la prise cachée à saisir. Il le pousse même à la paresse intellectuelle au point de lui désigner une « Frühstücksplatz »... Le risque est sérieux devoir l' alpi se laisser conduire, et se contenter de suivre son guide en papier comme d' autres suivent en somnolant leur guide en chair et en os. Assis l' autre jour sur un des sommets des Diablerets, nous admirions la vue depuis dix bonnes minutes quand mon voisin m' a demandé: « Ça s' appelle comment, ici? » - Et qu' est qui distingue l' homme du mulet? B. Amy garantit la vérité de ceci: « Deux alpinistes partent pour l' arête Forbes, au Chardonnet, par grand beau temps. Au milieu de l' arête, ils laissent tomber le « topo » dans un couloir. Que font-ils? Demi-tour! Parce qu' ils étaient, sans « topo », incapables de suivre une arête rectiligne les menant à un sommet où la foule leur aurait indiqué la voie de 21 Traversée du Snow Plateau. Au fond, à gauche: le Pinacle ( 6gjo m ) 22 Camp sur le Snow Plateau ( 6300 m ), au pied du Nun et de White Needle 23 Le Kun ( 7085 m ) 24 Le Nun et son versant encore vierge. Devant, à gauche: White Needle ( env. 6600 m ) Photos: Expédition 1976 au Nun descente. (... ) Je vois là le type même de l' alpiniste tel que l' a fabriqué le topo-guide actuel. Alpinistes, randonneurs, touristes ont été habitués à circuler le nez dans le topo, les yeux dépassant à peine. » Les directives du CAS intiment aux auteurs de guides l' ordre d' être complets, de décrire toutes les montagnes du secteur et tous les itinéraires de ces montagnes. Mais peut-on être complet? Evidemment pas. D' abord, si certains s' empressent de signaler leur moindre variante et leur plus petite hivernale, d' autres ne disent jamais rien. Il m' a fallu le plus grand des hasards pour apprendre que l' arête de Sailles, au Muveran, avait été gravie intégralement en 1937 et pas en 1945. Mais combien de grimpeurs n' ont jamais mentionné une première, ni une correction importante à une description imprimée depuis des années? Sauf pour de très courtes escalades, c' est une illusion de croire qu' une description est complète et exacte. Il y a des passages moins remarquables que d' autres, et alors ou bien vous vous étonnez d' un trou dans le texte, ou bien vous trouvez, devant vous dans le texte, une zone qui est derrière vous dans le terrain. Il y a l' imprécision du langage, qui pousse l' auteur à appeler cheminée ce qui pour vous est un couloir, et dalle ce que vous nommeriez mur. Il y a le rocher surplombant ou la fissure en « Y » que l' auteur trouve caractéristique, mais que vous n' arrivez pas à distinguer. Et le névé-repère qui a fondu. Et le piton qui a triplé, ou disparu. Quant aux passages cotés IV et cjui, pour vous, deviennent III, ou V, on n' a pas fini d' en discutailler. Les éléments subjectifs restent beaucoup trop nombreux pour garantir la précision à laquelle descriptions et croquis font croire. Du refuge A' Envers des Aiguilles, on ypit le couloir au sud de la Tour Rouge, à 400 mètres de distance. Le gardien m' affirmait l' autre soir que ce couloir était dangereux, déconseillé, et abandonné depuis longtemps. Or les trois descriptions quej' aide ce versant du Grépon enfontunchemi- r26 25 Mont Asgard, vu du glacier Lake ( avec le glacier Turner ). Au premier plan, le bateau à rames de Summit Lake. 26 Au pied du Thor Peak ( Weasel Valley ) 27Vue du Tirokwa Peak sur Weasel Valley jusqu' au Summit Lake, glacier Lake et glacier Highway. Devant, à droite: le Thor Peak; aujond, au milieu: Tête Blanche; tout à gauche: le Mont Odin. Le Mont Asgard se situe au fond, à gauche, mais il est caché par les nuages nement normal et sûr. Ne rions de personne, sauf de ceux qui prennent pour infaillible ce qui est souvenir et appréciation personnelle. Et sourions des termes avec lesquels les quotidiens nous ont narré la mésaventure de « deux varappeurs malchanceux » au-dessus de Vallorbe: « Le guide qu' ils consultèrent, rédigé par les frères Remy, annonçait une voie pitonnée. En fait, relève M.J. P., nous avons réalisé une « seconde » imparfaitement pitonnée, puisqu' il manquait deux clous (... ) pour faire le joint, alors que les miens se trouvaient dans le coffre de ma voiture. » Bloqués durant cinq heures, ces deux-là ont au moins eu le temps de méditer du bon usage des guides-manuels. Le comble serait de tenir le rédacteur pour responsable de la fonte du névé ou de la disparition du piton désiré. Et pourtant! Est-il sage de mentionner comme point de repère une fragile plaque de neige? ou d' accrocher, avec sa corde, sa description à des détails et des pitons? En d' autres termes, qu' est qu' il faut mettre ou ne pas mettre dans une description? Puisqu' évidemment nous n' allons pas jeter nos manuels dans les rimayes, comment peut-on les améliorer? Que proposer à leurs auteurs? Commençons par le degré de précision. Il me semble que nous avons, dans l' ensemble, nettement exagéré dans le nombre des renseignements fournis. Parmi ceux qui sont nécessaires, il y a sans doute la cotation de difficulté d' ensemble de la course et son horaire, le caractère du rocher et des sections neigeuses, pour que le touriste puisse estimer à quoi il s' engage. Doivent aussi figurer le point de départ de la voie proprement dite ( ce qu' on aime appeler l' attaque ), la ligne générale de l' ascension et les points de repère qu' on peut identifier à distance. Importants aussi sont les noms des premiers grimpeurs et la date de leur ascension, qui renseignent souvent sur le genre de la course, en même temps qu' ils aident à l'«huma-niser », et peuvent parfois nous rendre modestes... Parmi les renseignements dont l' utilité est moins certaine se trouvent ( sauf exceptions ) l' indication 28 Le Munin et le Hugin, vus du glacier Fork Beard 29 Au pied de la face nord du Thor Peak. Vue sur le glacier Fork Beard 30 Weasel Valley. Traversée typique d' un ruisseau latéral. Au fond: Weasel-River. Derrière: glacier et moraine du Crater Lake Photos: Maurice Dupont, Roc ( CAF, Megève ) des terrasses de relais, les conseils sur la façon d' es un obstacle, la cotation des passages individuels, et l' emplacement des pitons; de ce point de vue, mais de celui-là seulement, certains guides des Alpes uranaises ou grisonnes sont des exemples de sobriété. Serge Coupé, auteur du guide ( détailléVercors - Chartreuse, s' exprime avec une autorité qui mérite d' être citée: « Les détails, jene les lis même pas. D' ailleurs, ou j' oublie le topo-guide chez moi, ou il reste dans mon sac. J' en conclus que connaître le troisième mouvement de la fissure en « X » est superflu. Ce qu' il faudrait, sans aller jusqu' à la fabrication du beaufort, ce sont des indications générales, l' orientation d' ensemble de la course, la difficulté pour que le lecteur sache sur quoi il va tomber ( il ne faut pas envoyer les gens à la mort ). Mais il est inutile de décrire longueur après longueur, de donner le nombre de pitons d' ailleurs variable d' une année et même d' unjour à l' autre. Je dirais même qu' il peut être dangereux de donner trop de renseignements de cet ordre, d' autant plus que le risque de se tromper croît avec le nombre d' indications données. (... ) Quand je referai quelque chose, je donnerai moins de précisions, mais plus d' indications générales, plus de photos - et pas seulement des photos de parois -, des photos de torrents et de chalets. Sans aller jusqu' au folklore local, j' essaierai - mais y arriverai-jede suggérer ce qu' on peut voir ou trouver dans le pays. » Un autre point ouvert à la discussion est celui des variantes. Certains sommets en sont étonnamment riches. Pour les très respectables faces nord des Courtes et du Triolet, La Chaîne du Mont Blanc présente des croquis marqués de tant de lignes pointillées qu' on n' y voit plus guère la montagne. Et si vous vous intéressez à l' arête SW de l' Aiguille d' Argentière, le guide vous propose 24 voies! Dans les Alpes valaisannes, où le rocher n' a pas la même qualité, les grimpeurs se sont ingéniés ( ou trompés ?) au point de couvrir les montagnes de variantes douteuses. Le versant sud du Grand Combin montre neuf itinéraires décrits par le guide, qui précise que seuls trois d' entre eux sont recommandables, ou du moins pas dangereux. Faut-il décrire les autres? Le versant est du Dom des Mischabel est parcouru par presque autant d' itinéraires que de dévaloirs. Pourquoi les cataloguer tous? Si vous y allez, seuls vos yeux vous aideront à choisir telle nervure ou telle ravine pas trop dangereuse selon les conditions du moment. Et si vous pensez faire une « première », alors que Puckle ou Williamson ont grimpé là. au siècle passé quand l' enneigement était bien différent, quel mal y a-t-il? Notre maître Marcel Kurz avait une opinion claire sur le sujet. Voici ce qu' il écrivait en 1947 dans sa préface à Alpes valaisannes II: « Dans l' édi précédente, j' avais supprimé impitoyable- ment toutes les variantes parasites, inutiles ou stupides. Plusieurs critiques m' ont reproché cette suppression, estimant qu' elle ne pouvait être qu' arbitraire et subjective. Peut-être. J' ai donc cherché à être objectif et complet. (... ) La brièveté dans la description de certaines voies ou variantes est généralement en proportion de leur valeur pratique... » Façon indirecte d' être subjectif. La description détaillée et encyclopédique montre le savoir de l' auteur. Le choix, qui comporte un risque, montre sa conception de l' alpinisme. Le risque du choix se montre tout particulièrement dans les livres qui nous proposent 50 ou 100 courses pour un massif ou un genre d' escalade. Ces livres sont splendides, et très utiles. Mais ils montent en épingle telle et telle ascension, ils nous N,. 156 a he ™ Editeur: Speck-Just, Lucerne Aile Javelle, 3438 m, fig. 1. Du col droit ( 3294 ) longer une vire horizontale sur la face orientale puis s' élever directement à l' arête qu' on suit jusque sous la Tête Crettez.T.ourner celle-ci au sud pour gagner la brèche qui s' ouvre à l' Est de l' AjJe Javelle ( fig-. 2. ). On accède au crack en montant sur un entassement de blocs. S' élever ensuite quelques m. à l' extérieure sur la tranche du crack puis pénétrer à l' intérieur ( face à L' Est ). Monter sur un premier bloc coincé dans la fissure, puis de là en s' aidant des coudes sur un second face vers le fond de la fissure ). De là lancer la corde après avoir fait un gros noeud à son extrémité pour la pincer dans une petite entaille de la paroi à droite. Se hisser presqu' à une plateforme à gauche puis franchir la cheminée d' un bond. Surmonter un gros bloc cubique pour arriver à la courte cheminée qui sépare les 2 sommets. Celui de droite est le plus élevé. ( Du pied en 20 ou 30 minutes. Marcel Kurz, Neuchâtel. Illustrations tirées du « Guide illustré des Alpes suisses ». Ce petit ouvrage en deux volumes reproduisait notamment une description et les premiers dessins de l' Ai Javelle par Marcel Kurz. C' était en 1906, et l' au du futur Guide des Alpes valaisannes avait à peine 19 ans. poussent à établir un palmarès, à ériger des critères de « qualité », et à transformer la montagne en stade. Une autre question ouverte est celle des rapports entre le guide et la carte topographique. Kurz, toujours lui, quand il entreprit son énorme travail, écrivait pour des touristes qui avaient en main l' Atlas Siegfried au 1:50000. Or « la Siegfried » comportait en terrain montagneux une foule d' erreurs et d' imprécisions que Kurz, topographe de métier, rectifiait dans son guide à l' aide des minutes et documents auxquels il avait accès. Avec la Carte nationale, surtout au i: 25000, nous avons un tout autre instrument, où la photographie aérienne et le talent des dessinateurs se sont combinés pour approcher de la perfection. Kurz pouvait bien écrire en 1930: « La carte est à la base d' un guide de ce genre. L' un n' est rien sans l' autre. Pour l' alpiniste sérieux, elle constitue un auxiliaire indispensable, qui complète tout naturellement la description itinéraire et en facilite beaucoup la compréhension. » Cette façon de voir se justifie-t-elle entièrement aujourd'hui? Ou pourrait-on la retourner, envisageant le guide comme l' auxiliaire de la carte, qu' il compléterait là où la carte ne peut évidemment pas suffire, sur les arêtes et les parois proprement dites? Le fait est que, souvent, en terrain glaciaire mais aussi dans les gazons et les rochers modérément raides, la carte est plus claire et plus complète que la description. Ne devrions-nous pas renvoyer le lecteur à la carte pour tous les itinéraires en terrain ouvert? Or, on trouve dans nos guides des descriptions de quinze et vingt lignes pour des chemins de cabanes dessinés sur la carte, fléchés et balisés sur le terrain! Un net avantage au crédit de la carte: Elle laisse ouverte la porte de l' initiative et même de l' aventure; elle ne dicte pas un choix, comme le fait partiellement le guide, surtout le livre d' esca choisies, mais elle présente discrètement toute la montagne. En ce sens, la carte maintient le touriste dans une attitude d' alerte et d' observa propre au vrai alpiniste, et bien différente de l' état de dépendance de l' homme qui circule « le nez dans le topo, les yeux dépassant à peine »... Un défaut commun pourtant: la carte, tout comme le guide, n' est révisée qu' après dix ou quinze ans, et pendant ce temps les routes s' allon et les glaciers se raccourcissent. Une raison de plus pour utiliser notre matière grise quand nous consultons les documents qui nous sont proposés. « Mais qui lit une carte? Nous devons écrire pour ceux qui n' y sont pas habitués, et qui de plus grimpent mal !» me disait Maurice Brandt, ami et compagnon-auteur. C' est vrai, comme il est vrai que la meilleure des cartes peut induire en erreur le meilleur des alpinistes sur un parcours où la malignité du terrain n' apparaît pas au t :25000. Mais j' aime surtout cette remarque, parce qu' elle attire l' attention sur le but éducatif que doit avoir le manuel. Il ne faut, en effet, pas se leurrer sur le niveau de préparation de beaucoup de touristes et de grimpeurs. Des accidents, et aussi des incidents plus ou moins cocasses, ont parfois prouvé une méconnaissance et une inconscience invraisemblables. Le guide a sûrement un rôle d' abord pédagogique à jouer. Il doit, bien sûr, indiquer où passer, et parfois comment passer. Mais il devrait beaucoup plus enseigner à bien marcher et bien grimper, amener aussi à étudier, à regarder et réfléchir. L' important est de donner au lecteur un sens de la montagne, très différent de la capacité physique de franchir les obstacles. On ne devient pas alpiniste dans un jardin d' escalade, mais en faisant des courses d' abord faciles, puis, peu à peu, longues, difficiles et complexes. Le guide doit aussi conduire le touriste dans l' optique d' une progression éducative, et essayer de lui donner le goût de l' itinéraire et de sa recherche, le désir de l' obser et du souvenir, le sens de ses propres responsabilités aussi. Le manuel de mes rêves? Celui qui, à travers les renseignements pratiques et techniques indispensables pour stimuler l' alpiniste à s' engager au maximum, l' aide à dépasser l' effort physique, à observer ce qu' il voit, à apprendre à s' orienter, à acquérir le sens du terrain, à percevoir le danger, à aimer la recherche et l' aventure - bref, à dépasser le guide pour mieux admirer la montagne que le guide lui a révélée.
Ajouté 20 sept 2025; modifié 21 sept 2025
Gib mir den Alpenführer ! Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1977 dans "Les Alpes", le journal du Club Alpin Suisse. Source: CAS, 23 juin 2023. Ci-dessous, texte traduit du français en allemand. Meine Bibliothek enthält ein ganzes Regal davon. Zuerst natürlich die SAC-Führer mit den Walliser, Waadtländer, Berner, Urner und Graubündner Alpen, dazu den Jura und die französisch-schweizerischen Voralpen. Dann gibt es da auch die Vallot-Führer vom Mont-Blanc-Massiv, solche vom Salève und den Engelhörnern und andere bis nach Norwegen und Kaschmir, nicht zu vergessen die Übersetzungen: die Engländer haben sorgsam den Vallot abgeschrieben, so wie es die Deutschen mit den « Dolomiti » der Italiener gemacht haben. Fügen wir noch einige Broschüren über die kleinen Massive, die zur Freude der Bergsteiger im Anfängerstadium gereichen, hinzu, von den Ecoles d' escalade vaudoises bis zu den Calanques via Dentelles de Montmirail und Baou de St-Jeannet.
Ferner muss man die Fiches Mythra und die noch in Bearbeitung befindlichen ioo ($$) plus belles courses des Mont Blanc und des Oisans zählen - diese Ausgaben gebären ständig Junge. Es amüsiert mich übrigens festzustellen, dass die erste Auswahl dieser Ausflüge, die ich besitze, keineswegs von Gaston Rébuffat oder von Walter Pause ist, sondern der Guide illustré des Alpes suisses, an welchem schon 1906 der berühmte Marcel Kurz mitwirkte! Zur Verstaubung kommen diese Bücher nicht. Ich öffne sie des öfteren, um Erinnerungen oder Plänen nachzugehen. Und in die Berge gehe ich regelmässig mit dem einen oder anderen - oder zumindest mit der Kopie einiger Seiten und einer Skizze. Und siehe da, es gibt Leute, welche diese Literatur nicht bedingungslos zu lieben scheinen. Man fragt, in welchem Masse sie zweckdienlich sei und ob sie die Bergwelt darlege oder im Gegenteil nur verberge. Erstes Anzeichen dafür: die Trägheit, mit welcher sich einige Handbücher verkaufen. Sogar der Führer unserer schönen Waadtländer Alpen fand im Jahre 1975 nur 216 Käufer. Die sechs Bände über Tessin, Jura, Savoyen, Waadt und Freiburg übertrafen den Durchschnitt von 170 verkauften Exemplaren nicht. Ein anderes Anzeichen ist vielleicht die Schwierigkeit für den SAC [Schweizer Alpen Club], Autoren und Mitarbeiter für die Redaktion solcher Bücher zu finden. In der Ostschweiz häufen sich schon seit etlichen Jahren die vergeblichen Suchereien nach einem Kenner der Graubündner Alpen, der für diese Aufgabe bereit wäre. Was die Auskünfte betrifft, welche die verschiedenen Bergsteiger erteilen könnten, das ist wieder ein anderes Kapitel. Schon 1930 beklagte sich Marcel Kurz über das vorhandene Schweigen bezüglich der Walliser Alpen, und sein Nachfolger Maurice Brandt zählt seine Enttäuschungen schon gar nicht mehr. Sogar der Vallot-Führer glänzt nicht immer: die 1975« Ausgabe seines Bandes III weist Ungenauigkeiten und Fehler im Trient-Massiv auf, und zwar aus unserem Verschulden heraus, da wir Westschweizer Kletterer die Gegend sehr wohl kennen, es aber versäumt haben, den Autoren unsere Notizen und Korrekturen zu schicken. Ich war dabei, meine Führer weiter durchzugehen, als ich erfuhr, dass die amerikanischen Kletterer (die uns schon ein paar Sachen im Alpinismus gelehrt haben) das Prinzip der deskriptiven Bücher an sich in Frage stellten und die Reaktion darauf dazu führte, dass sie beschlossen, gewisse Regionen ihres Landes überhaupt nicht in die Führer und Handbücher aufzunehmen. Die Franzosen schnitten ihrerseits das heikle Thema an, und La Montagne et Alpinisme (104, 2/1976) enthält eine lange Diskussion 4 zwischen den Autoren und verantwortlichen Verlegern des CAF. Aus dieser Diskussion möchte ich den Widerhall mit in « Die Alpen » bringen, um die Debatte in der Schweiz zu eröffnen. Es kommt allerdings für mich nicht in Frage anzugreifen, was wir bis anhin geschätzt haben. Die Führer-Handbücher haben sich « eingebürgert » in unseren Rucksäcken, und sie haben uns so viele Dienste geleistet -sie halfen uns, so schöne Ausflüge zu entdecken und durchzuführen -, dass es ebenso dumm wie anmassend wäre, ihren Wert zu leugnen und ihr Verschwinden vorzuschlagen. Aber ein Gedankenaustausch zwischen ihren Benutzern, Anfängern und Routiniers, könnte sowohl ihren Autoren wie auch dem SAC und vielleicht dem Alpinismus selbst zum Vorteil gereichen. Das Problem wurzelt in der ausserordentlichen Zunahme der Bergsteigerzahl. Dies ist augenfällig für jedermann, der die Berggipfel seit zwanzig oder vierzig Jahren durchzieht: einige Routen sind nun mit Menschen überfüllt, mit unnützen Felshaken besät, voller Abfall. Sicher trägt der ganze Trend viel dazu bei, auch die Qualität des Materials. Ebenso aber schriftlich festgelegte Anleitungen, von den verlockenden Photos der Aus-flugswahl bis zu den Handbüchern, die eine Region im Detail darstellen. Sollen wir nun damit weiterfahren, aus Routine all unsere Anstrengungen daraufhin zu richten, möglichst viele Leute in die hohen Berge zu locken, was in vergangenen Zeiten gerechtfertigt war, es aber heutzutage nicht mehr unbedingt ist, wo doch der Alpinismus und die Bergwelt Gefahr laufen, durch die menschliche Invasion beschädigt zu werden? Die Frage wird deutlich zu Beginn des Bandes V der Alpes valaisannes aufgegriffen, in dem Maurice Brandt mit gleicher Sorgfalt wie Kompetenz ungefähr goo Routen zwischen den Pässen des Simplon und der Furka — eine den Kletterern wenig bekannte Kette - beschreibt. In seinem Vorwort schreibt das Zentralkomitee des SAC: « Es ist unsere grosse Aufgabe, unberührt zu be- wahren, was anscheinend bald eine der letzten Reserven für die Erholung darstellt, die für unser hektisches Leben so nötig ist. Es geht nicht bloss darum, diese Gegend vor den technischen Einrichtungen zu beschützen, sondern auch vor der touristischen Entwicklung zu bewahren, um diesen Hafen des Friedens unversehrt zu lassen. » Merkwürdige Art, ein Buch vorzustellen, dessen Tausende von Exemplaren dazu dienen, uns in jenen Hafen des Friedens zu führen... Zwei Seiten weiter bemerkt der Verfasser: « Diese Gegend hatte den Vorzug, bis jetzt am Rande der grossen touristischen Strömungen zu bleiben. Wäre es nicht am Platze, sie weiterhin davor zu bewahren? Dies ist eine Frage, die ich geneigt wäre, sofort bejahend zu beantworten. » Im gleichen Zug fragt der Verfasser richtigerweise, ob der SAC nicht « darauf verzichten könne, weitere Hütten in der Gegend aufzustellen. » Und die Veröffentlichungen? Vielleicht hat ein Führer mehr Einfluss, als es scheint. Zuweilen hat der Alpinist seine Wahl bereits getroffen und schlägt im Führer nur nach, um sich über die Route zu informieren. Es kann aber auch sein, und ich glaube, dies ist meistens der Fall, dass er in seinem Führer blättert, um ein Ausflugsziel zu suchen, und er wählt sein Ziel nach Kommentaren wie « interessante Route », « verdient, klassisch zu werden », « sehr schöner Ausflug » usw., welche der Verfasser Seite um Seite angehäuft hat. Es ist ganz verständlich, dass die Ratschläge der Kenner befolgt werden, aber schlussendlich bringt es der Führer oder das Handbuch soweit, dass ein Gipfel überfüllt ist, ein andrer hingegen vernachlässigt wird. Wie steht es nun mit jenen ( hier muss ich mich schuldig bekennen ), die öffentlich darauf hinweisen, dass dieser oder jener Hang noch unberührt ist? Muss man sie als « Kuppler » verurteilen?... H. Isselin, Verfasser berühmter Monographien, glaubt, dass der Bergsteiger die Bergwelt zu lange als Turnhalle betrachtet und die darin lebende Bevölkerung hochnäsig missachtet hat. Es scheint, unsere schweizerischen Handbücher entsprechen allzusehr dieser Optik. Mittels ihrer technischen Angaben verleiten sie immer mehr zu einer athletischen, ja sogar wettkampfmässigen Annäherung an die Berge. Was das Leben im Gebirge angeht, da erwähnt man gelegentlich die Fauna, wie Gemsen ( Jura, Waadtländer Alpen ) oder die Vipern ( Freiburger Alpen ) usw., aber nicht die Menschen. Bei den « Urner Alpen » sind trotz der ausdrücklichen Anweisung des SAC meist auch die Erstbesteiger nicht erwähnt. Wir behaupten nicht, dass ein geschichtlicher Abriss der Dörfer und eine Wirtschaftsgeographie der Gegend notwendig sei, aber möglich ist es sicher, die Bergwelt so darzulegen, dass mehr menschliche Aspekte berücksichtigt werden. Unsere Handbücher sollen kein trockenes, beschränktes Bild der Berge entwerfen, das kein Leben enthält. Birgt der Clubführer auch Gefahren? Nicht direkt; ausgenommen in ganz speziellen, extremen Fällen, ist noch niemand verloren gegangen, weil ihn der Führer irregeführt hätte. Im Gegenteil, gerade indem sie auf die Schwierigkeiten hinweisen, vor allem mit der bekannten Einteilung nach Schwierigkeitsgraden, vermindern diese Handbücher viele Risiken und Gefahren - und sicher auch Unfälle. Und doch steckt darin eine heimtückische Gefahr, nämlich die: die Initiative, ja sogar die Be-obachtungsfähigkeit des Bergsteigers wird abgestumpft. Der Führer schlägt ihm nicht nur ein Ausflugsziel vor, er gibt ihm oft auch das mitzu-nehmende Material an sowie die Zeit aufzustehen, die Anseildistanz, die zu vermeidenden Hindernisse, die Stelle, wo die Steigeisen anzuschnallen sind, die zu benutzenden Felshaken, den versteckten Griff... er präsentiert ihm sogar einen « Frühstücksplatz ». Die Gefahr ist nämlich dabei die, dass sich der Alpinist dadurch blindlings von seinem papierenen Führer leiten lässt, wie andere schlafwandelnd ihrem lebendigen Bergführer folgen. Kürzlich, als wir auf einem der Diablerets-Gip-fel sassen und bereits gut zehn Minuten die Aussicht bewundert hatten, fragte mich doch mein Nebenmann: « Wie heisst das hier eigentlich? »... Und was unterscheidet den Menschen eigentlich vom Maulesel? B. Amy erzählt folgende wahre Begebenheit: « Zwei Alpinisten ziehen zum For-bes-Grat ( Chardonnet ) bei herrlichem Wetter; aber mitten auf dem Grat lassen sie den Clubführer in eine Spalte fallen. Was tun sie wohl? Kehrt-wendung! Weil sie, ohne Führer, nicht imstande sind, einem gradlinigen Grat zu folgen, der sie bis zum Gipfel geführt hätte, wo ihnen die Menschenmenge den Abstiegsweg gezeigt hätte. (... ) Alpinisten, Ausflügler und Touristen wurden daran gewöhnt, mit der Nase im Handbuch um-herzulaufen, wobei die Augen kaum hervorgucken. » Die Anweisungen des SAC erteilen den Verfassern von Handbüchern den Befehl, vollständig zu sein, alle Berge des Sektors zu beschreiben und all die dazugehörenden Routen. Aber kann man vollständig sein? Selbstverständlich nicht. Wenn einerseits einige Leute sich bemühen, die kleinste Variante und winzigste Winterbesteigung anzugeben, sagen andere nie etwas. Der grösste Zufall war für mich notwendig, um zu erfahren, dass der Sailles-Grat im Muveran vollständig 1937, und nicht 1945, erklommen wurde. Aber wie viele Kletterer meldeten weder eine Erstbesteigung noch eine wichtige Korrektur einer seit vielen Jahren gedruckten Beschreibung? Ausser für kürzeste Besteigungen ist es eine Illusion zu glauben, dass eine Beschreibung wirklich ganz vollständig und exakt sei. Es gibt weniger gut merkbare Stellen als andere, und dann staunt man entweder über eine Lücke im Text oder man hat den Text vor sich, die beschriebene Stelle ist aber bereits vorbei. Es besteht die Ungenauigkeit der Sprache, die den Verfasser veranlasst, als Kamin zu bezeichnen, was für Sie nur ein Riss ist, und als Felsplatte, was Sie Mauer nennen würden. Da ist der überhängende Fels oder der y-för-mige Riss, für den Autor charakteristisch, welche Sie jedoch nicht unterscheiden können. Und der mittlerweile geschmolzene Firn als Kennzeichen angegeben. Und der Felshaken verschwun- den oder verdreifacht. Was die Stellen angeht, die, mit IV bewertet, für Sie III oder V sind, da könnte man sich lange streiten. Die subjektiven Faktoren sind allzu zahlreich, als dass die Genauigkeit, welche Beschreibungen und Skizzen vorgeben, gewährleistet wäre. Von der Envers-des-Aiguilles-Hütte aus sieht man südlich des Tour Rouge das Couloir aus 400 Meter Distanz. Kürzlich sagte mir der Hüttenwart, dieses Couloir sei, da gefährlich, abzuraten und seit langem verlassen. Die drei Beschreibungen jedoch, die ich von dieser Seite des Grépon besitze, machen daraus einen normalen und sicheren Weg. Lachen wir niemanden aus ausser diejenigen, die ihre Erinnerung und persönliche Ansicht für unfehlbar halten. Und belächeln wir die Worte, mit denen die Zeitungen das Abenteuer von « zwei unglücklichen Bergsteigern » oberhalb Vallorbe geschildert haben: « Der Führer, verfasst von den Brüdern Rémy, den sie zu Rate gezogen hatten, sagte eine bereits mit Felshaken versehene Route an. Tatsächlich aber — so Herr J. P. haben wir eine ungenügend mit Nägeln ausgestattete Route als « Zweite » realisiert, da zwei Nägel fehlten (... ), um die Verbindung herzustellen, dieweil die meinigen sich im Kofferraum meines Wagens befanden. » Während fünf Stunden blockiert, haben beide wenigstens Zeit gehabt, über den zweckmässigen Gebrauch von Clubführern und Handbüchern nachzudenken. Der Gipfel wäre, den Redaktor des Handbuchs für das Schmelzen des Firns oder für das Verschwinden des gewünschten Felshakens verantwortlich zu machen. Und doch! Ist es angemessen, als Kennzeichen ein vergängliches Stück Schnee anzugeben? Sich bei der Wegbeschreibung an Details und Felshaken zu halten? Mit andern Worten: was muss man und was nicht in eine Beschreibung einbeziehen? Da wir natürlich unsere Handbücher nicht in Spalten werfen: wie kann man sie verbessern? Was könnte man den Verfassern vorschlagen? Beginnen wir mit dem Genauigkeitsgrad. Mir scheint, dass wir im grossen und ganzen mit der Zahl der gelieferten Auskünfte sichtlich übertrieben haben. Sicher notwendig ist die Angabe des Schwierigkeitsgrades der Route im gesamten und der Zeitplan, die Beschaffenheit des Gesteins und der verschneiten Abschnitte, damit der Tourist abzuschätzen vermag, worauf er sich einlässt. Ebenfalls müssen der Einstiegsort der eigentlichen Route, die allgemeine Linie des Aufstiegs und die von weitem sichtbaren Anhaltspunkte vorkommen. Wichtig sind auch die Namen der Ersterkletterer und das Datum ihres Aufstiegs, was oft über die Art der Besteigung etwas aussagt, über das rein Technische hinausgeht, zur Bescheidenheit zwingt... Zu denjenigen Auskünften, deren Nutzen weniger sicher ist, gehören - mit Ausnahmen - die Angabe von Standplätzen, Ratschläge über die Art, ein Hindernis zu überwinden, der Schwierigkeitsgrad einzelner Passagen und die Lage der Felshaken; aus diesem Gesichtspunkt, aber nur aus diesem, sind gewisse Führer der Urner und Graubündner Alpen beispielshaft knapp. Serge Coupé, Verfasser des detaillierten Führers Vercors-Chartreuse, drückt sich mit einer hier erwähnenswerten Autorität aus: « Die Details, die lese ich nicht einmal. Übrigens entweder vergesse ich den Führer bei mir zu Hause, oder er bleibt in meinem Rucksack. Daraus schliesse ich, dass es sich erübrigt, die dritte Aufteilung der X-Spalte zu kennen. Was not täte, wären, ohne sich im kleinsten zu verlieren, allgemeine Angaben, die Gesamtorientierung der Route, die Schwierigkeit, damit der Leser weiss, was er antreffen wird ( man soll die Leute nicht in den Tod schicken ). Aber es ist unnötig, Abschnitt um Abschnitt zu beschreiben und die Zahl der Felshaken anzugeben, die übrigens von Jahr zu Jahr, wenn nicht von einem Tag zum anderen, wechselt. Ich behaupte sogar, dass es gefährlich sein kann, zu viele Angaben dieser Art zu machen, zumal das Risiko, sich zu irren, mit der Zahl der Auskünfte wächst. (... ) Falls ich wieder etwas verfasse, werde ich weniger Einzelheiten, dafür mehr allgemeine Angaben, mehr Photos - und nicht nur Photos von Felswänden - von Bergbächen und Chalets geben. Ohne bis zur Lokalfolklore zu gehen, werde ich versuchen — aber wird es mir gelingenein-zuflüstern, was man in der Gegend sehen oder finden kann. » Ein anderer zur Diskussion stehender Punkt ist derjenige der Varianten. Einzelne Gipfel sind höchst variantenreich. Für die sehr bemerkenswerten Nordwände der Courtes und des Triolet weist die Mont-Blanc-Kette Skizzen auf, die mit so vielen punktierten Linien versehen sind, dass man den Berg kaum noch sieht. Und falls Sie sich für den SW-Kamm der Aiguille d' Argentière interessieren, schlägt Ihnen der Führer 24 Routen vor! In den Walliser Alpen, wo das Gestein nicht dieselbe Qualität aufweist, haben sich die Bergsteiger bemüht ( oder geirrt ?), indem sie die Berge mit zweifelhaften Varianten durchzogen. Der Südhang des Grand Combin weist neun im Führer beschriebene Routen auf, wovon nur drei als empfehlenswert oder wenigstens als ungefährlich dargelegt werden. Soll man die anderen dennoch beschreiben? Die Ostseite des Dom der Mischabelgruppe ist von fast ebenso vielen Routen wie Runsen durchzogen. Wieso alle aufzählen? Befinden Sie sich einmal an Ort und Stelle, so helfen Ihnen nur Ihre Augen, um diese oder jene Linie zu wählen, und zwar den momentanen Bedingungen entsprechend. Und falls Sie eine « Premiere » zu machen gedenken, obschon Puckle oder Williamson schon im vorigen Jahrhundert, allerdings unter ganz anderen Schneeverhältnissen, da gewesen sind: was ist denn schlimm dabei? Unser Meister Marcel Kurz hatte eine klare Meinung über dieses Thema. Er schrieb 1947 in seinem Vorwort zu Alpes valaisannes II: « In der vorigen Ausgabe hatte ich schonungslos alle unnützen Varianten weggelassen. Mehrere Kritiker haben mir dies zum Vorwurf gemacht, in der Meinung, sie könne nur eigenmächtig und subjektiv sein. Vielleicht. Ich habe also versucht, objektiv und vollständig zu sein. (... ) Die Kürze in der Beschreibung gewisser Wege und Varianten steht im allgemeinen in Beziehung zu ihrem prakti- schen Wert... » Indirekte Art, subjektiv zu sein. Die detaillierte und umfassende Beschreibung dokumentiert das Wissen des Verfassers. Die Auswahl, welche ein Risiko aufweist, zeigt seine Auffassung vom Alpinismus. Das Risiko der Wahl zeigt sich ganz besonders in den Büchern, die uns 50 oder ioo Wege für ein Massiv oder eine Besteigungsart vorschlagen. Diese Bücher sind herrlich und sehr nützlich. Aber sie streichen diese oder jene Besteigung besonders heraus, sie führen zu Wertmassstäben und Qualitätslisten und verwandeln den Berg in ein Stadion. Eine andere offene Frage ist diejenige der Übereinstimmung von Führer und topographischer Karte. Wir beziehen uns wieder auf Marcel Kurz: Als er seine riesige Arbeit unternahm, schrieb er für Touristen, die den Siegfried-Atlas zur Hand hatten ( 1:50000 ). Dieser jedoch wies auf gebirgigem Gelände unzählige Fehler und Ungenauigkeiten auf, welche Kurz, von Beruf Topograph, anhand der ihm zur Verfügung stehenden Dokumente berichtigte. Mit der Landeskarte, vorallem im Massstab 1:25000, besitzen wir ein ganz anderes Hilfsmittel, wo sich die Luftaufnahme und das Talent der Zeichner bis zu annähernder Perfektion kombiniert haben. Kurz konnte 1930 noch schreiben: « Die Karte ist die Grundlage eines solchen Führers. Für den ernsthaften Alpinisten ist sie ein unentbehrliches Hilfsmittel, das selbstverständlich die Wegbeschreibung vervollständigt und veranschaulicht. » Rechtfertigt sich diese Auffassung heute immer noch ganz? Oder könnte man sie nicht umkehren, indem man den Führer als Hilfe zur Karte sieht, welche er dort vervollständigen kann, wo die Karte aus ersichtlichem Grund nicht genügend ist, kurz gesagt, auf den Kämmen und in den Felswänden? Tatsache ist, dass bei Gletschern, aber auch aufwies und Fels in massig steilem Gelände die Karte oft klarer und vollständiger ist als die Beschreibung. Sollten wir den Leser nicht für alle Wege in offenem Gelände auf die Karte verweisen? Tatsache ist, dass man in unseren Führern fünfzehn und zwanzig Zeilen lange Beschreibungen über Wege findet, die sowohl in der Karte aufgezeichnet wie auch im Gelände gut markiert sind! Ein eindeutiger, für die Karte sprechender Vorteil: sie lässt die Tür der Initiative und sogar dem Abenteueroffen; sie macht keine zwingenden Wahlvorschläge, wie es der Führer zum Teil tut, vor allem das Buch ausgewählter Besteigungen, sondern sie stellt auf diskrete Art die gesamte Bergwelt dar. In diesem Sinne hält die Karte den Touristen in einem dem wahren Alpinisten eigenen Zustand der Aufmerksamkeit und des Beobachtens, der auch sehr verschieden ist vom Ab-hängigkeitszustand des Robotermenschen, der « mit der Nase im Führer, wobei die Augen kaum einmal aufsehen », herumspaziert. Ein gemeinsamer Fehler jedoch: sowohl Karte als Führer werden erst nach zehn oder fünfzehn Jahren revidiert, und während dieser Zeit können sich Routen verändern oder Gletscher kürzer werden. Ein Grund mehr, unsere « grauen Zellen » zu gebrauchen, wenn wir die uns zur Verfügung stehenden Dokumente zu Rate ziehen. « Aber wer versteht schon die Karte richtig zu interpretieren? Wir müssen für diejenigen schreiben, die es nicht gewohnt sind und die dazu noch schlecht klettern! » sagte mir Maurice Brandt, Freund und Mit-Verfasser. Er hat recht, um so eher, als die beste Karte den besten Alpinisten in einem Gelände, dessen Tücken im Massstab I :25000 nicht ersichtlich sind, irreführen kann. Die Bemerkung gefällt mir aber besonders, weil sie auf den erzieherischen Wert, den ein Handbuch enthalten muss, aufmerksam macht. Jedenfalls sollte man sich bezüglich des Vorbe-reitungsniveaus vieler Touristen und Kletterer keinen Illusionen hingeben. Unfällen und gelegentlich auch mehr oder weniger amüsanten Zwischenfällen liegen oft unglaubliche Unkenntnis und Leichtfertigkeit zugrunde. Sicherlich hat der Alpenführer in erster Linie eine pädagogische Rolle zu spielen. Natürlich muss er auch aufzeigen, wo und wie man aufzusteigen hat; darüber hinaus aber sollte er lehren, wie man gut geht und gut klettert, und zum Untersuchen, Beobachten und Denken anregen. Wichtig ist, im Leser das richtige Gefühl für den Berg zu wecken; das ist etwas anderes als lediglich die physische Fähigkeit, ein Hindernis zu überwinden. Man wird nicht in einem Klettergarten Alpinist, sondern indem man zuerst leichte, dann allmählich immer längere, anspruchsvollere und vielseitigere Touren unternimmt. Das Handbuch muss den Kletterer auch « auf den Geschmack » für eine Route bringen und den Sinn für die persönliche Verantwortung entwickeln helfen. Das Handbuch meiner Träume? Dasjenige, das mit den nötigen praktischen und technischen Auskünften den Alpinisten herausfordert, sich mit Körper, Geist und Seele einzusetzen, ihm hilft, über die rein körperliche Anstrengung hinauszuwachsen und wirklich zu beobachten, was er sieht; ihn lehrt, sich zu orientieren, die Gefahr zu erkennen, die Suche und das Abenteuer zu lieben - kurzum, das Handbuch soll über das geschriebene Wort hinausführen, auf dass der Alpinist die Bergwelt, welche ihm das Büchlein dargelegt hat, besser verstehe, richtig einzuschätzen wisse und voller Ehrfurcht betrachte. Übersetzung.
Ajouté: 14 jun 2024; modifié: 20 sept 2025
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Livre "Les Alpes Vaudoises" (1970)
Guide des Alpes Vaudoises La marche et l'escalade dans les Alpes Vaudoises, par Pierre Vittoz, qui les connaissait comme sa poche, y grimpant et varapant depuis tout petit. Itinéraires, récits vécus, images et croquis.
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Created: 20 Sep 2025 Last modified: 21 Sep 2025
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