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Expédition au Castor et au Lyskamm (Suisse) en 1945 An article by Pierre Vittoz (written at age 19!) sharing with us his climbing experiences in the Mont-Rose massif, Lyskamm massif and Castor mountain (the mountain range south of Zermatt, in the Swiss Alps), in April 1945. They were a group of at least five persons, among them Édmond Pidoux. The Mont Rose is the second biggest massif in the Alps, after the Mont-Blanc massif. It contains the highest Swiss mountain, the Pointe Dufour (4'634 meter). Its name derives from the local patois and means: the "Icy Mount". In that very interesting document, the very first CAS journal article by Pierre Vittoz, the reader notices some elements that shall become typical of his style: no allusion to mundane affairs or politics (even as, in April 1945, close to the Italian border, there would have been plenty of reasons to make allusions to world politics). No figures. No temperatures, no altitudes, no budgets, no times, no durations, no calendar dates (here just one, as an exceptional exception!). A purely literary narrative, based on his own, direct human experience. And finally very allusive, elliptic explanations about people and places. Last, but not least, Pierre Vittoz conveys very strongly his love of mountains, his intense love of mountains: his endless joy in running from one peak to the next, in walking the snow, his fascination for the rocky, snowy and icy world surrounding him. We also get to understand that PV was so performing physically that he would stop climbing only when all other participants were completely exhausted...
From left to right: Mont-Rose massif (9 peaks)[4'634m], Lyskamm massif [4'533m], the white twins Castor [4'223m] and Pollux [4'091m], the Breithorn massif (5 peaks) [4'164m] and (on the right side of the Breithorn, very small and close) the Small Cervin [3'882m]. Source: Wikipedia (0.18Mb). Autour du Mont Rose By Pierre Vittoz. Published in "Die Alpen/ Les Alpes", the journal of the Swiss Alpine Club (SAC/CAS), in 1946. Source. Safety copy 15 May 2023. 6 avril 1945. Nous nous empressons de tourner le dos aux brillants skieurs qui promènent leurs lunettes d'écaille et leur ceinture cloutée sur les trottoirs de Zermatt et longeons la crémaillère du [chemin de fer conduisant au] Gornergrat, chemin commode qui permet d'admirer le lent déploiement de la vallée; les bâtisses ne sont bientôt plus que des taches, tandis que sur un fond mauve d'après-midi finissant s'élèvent peu à peu les triangles familiers des Mischabel et du Weisshorn. A Rotenboden, la scène tourne; et c'est l'énorme chaîne qui s'étale du Théodule au Mont Rose [de droite à gauche: Cervin, col du Théodule, petit Cervin, Breithorn, jumeaux Pollux et Castor, Lyskamm, Mont-Rose].
Tout en peinant sous des sacs monstrueux, nous échafaudons les mille itinéraires que l'exceptionnel enneigement nous permettra cette année. La semaine commence mal, par une journée d'épais brouillard qui nous ramène tout penauds à la cabane Bétemps [au pied du Mont-Rose, à 2'990m d'altitude], après une vaine tentative à la boussole. Le lendemain, une bise insolente nous transforme, malgré le grand soleil, en pierrots mi-partis: un côté vernissé de poudre glacée, tandis que l'autre garde sa teinte habituelle, indéfinissable. Transis, nous atteignons le Petit Fillarhorn. Cette infime bosse sur la croupe qui relie le Mont Rose à la Cima di Jazzi vaut la balade pour le coup d'œil sur les enchevêtrements de séracs et de glace luisante qui ruissellent du Nordend. Au sommet pointent quelques rochers. Skis déposés, je m'approche de la crête frontière. [Étrange... Au delà de ce balcon, on n'aperçoit rien d'autre que du ciel.] Qu'y a-t-il de l'autre côté? Je me dresse, je tends le cou, je m'avance en m'age [en m'engageant? $$], un peu impressionné par ce vide. Toujours rien. Enfin, à plat ventre, je rampe et mon nez dépasse le bord; avec un frisson je me retire précipitamment et m'assure que la dalle qui me porte est solide. Puis, fasciné, je reviens: c'est le vide total, effarant. Quel contraste! Après les molles ondulations du glacier, on se trouve brusquement au-dessus d'une paroi absolument verticale, haute de trois à quatre cents mètres, et rien n'arrête le regard dans cette folle plongée jusqu'aux moraines de Macugnaga. Castor [4'223 m] Nos amis sont rentrés fourbus de la course Breithorn-Zermatt; nous ne partons que trois pour Castor. Les séracs inférieurs du glacier des Jumeaux, qu'il faut remonter, posent un problème délicat. Nous en cherchons la solution par le milieu de la chute; bloqués — tout près du haut, naturellement — nous devons redescendre et cherchons une issue sur la droite. Une immense vire glaciaire doucement inclinée nous amène au pied du monstrueux flanc ouest du Lyskamm, puis, revenant à droite par une pente plus raide, nous atteignons le Felikjoch où l'on abandonne les skis. Une élégante crête neigeuse nous conduit enfin au sommet. Mais notre intention de pousser jusqu'à Pollux s'évapore à la vue du pitoyable rognon qui se prétend jumeau de notre cime. Le Breithorn, par contre, si décrié, nous présente une suite de pointes effilées de grande allure. Pour la descente, sous prétexte que je n'ai pas de crampons, je demande humblement à aller en tête, et mes camarades aux pieds griffus s'apprêtent à me retenir d'une main robuste. J'entame un petit galop qui nous dépose en un quart d'heure au col, au milieu d'éclats de rire. Comme l'après-midi est à peine entamé, je voudrais visiter encore le sommet ouest du Lyskamm, mais mes compagnons ne montrent aucun enthousiasme pour son arête de glace verdâtre. Protégée des vents et du soleil, la pente que nous avons à descendre est recouverte d'une couche moelleuse de poudre fine; christianias coulés et télémarks s'entrelacent, merveilleusement auréolés de paillettes de givre. Par de souples balancements, nous traçons un magistral paraphe jusqu'aux séracs de ce matin; un amusant slalom nous fait contourner blocs et crevasses, nous glissons en retenant notre souffle sur un ou deux ponts d'aspect minable pour traverser bientôt le Grenzgletscher d'un seul élan. Lyskamm [4'533 m] [Le repas des] «dix heures» du lendemain, nous le grignotons au Lysjoch sous forme de lard et de raisins secs. Nos regards errent sur le Mont Rose et s'accrochent à une prestigieuse nervure, rectiligne et pure, qui va d'un seul bond frapper le sommet: c'est la Cresta Rey, dont nous convoitons l'irré envol [$$]. Pour l'instant, voyons notre Lyskamm. La première partie de l'arête pourrait être tournée à gauche, mais son élégance et sa sveltesse méritent mieux. D'ailleurs Pidoux, qui tient aujourd'hui le haut bout de la corde, n'est pas homme à éviter une arête tranchante, au contraire. Après ce premier élan, l'arête ondule horizontalement pour porter les perfides corniches qui l'illustrent. Mais où sont-elles, ces fameuses corniches? Nous ne rencontrons qu'un ou deux hamacs de neige nouvelle jusqu'au pied de la pente terminale. C'est une immense dalle de glace bleue dont les lignes fuyantes vont se briser en séracs au-dessus du Grenzgletscher. Alors commence un travail de manœuvres et d'équilibristes; de manœuvres parce que nous piochons à grands coups, ce qui ne va pas sans essoufflement à 4'500 mètres; d'équilibristes parce qu'il est fort délicat de gravir des marches dont Pidoux fixe la hauteur. Une bise violente mord mes jambes nues et les fouette des mille glaçons qu'elle arrache à la face nord. Transi, je me distrais à voir ruisseler le «sucre» que le premier détache inlassablement. Enfin, voici le sommet. Après un rapide tour d'horizon, nous nous blottissons sur une petite vire ensoleillée où nous sommes bientôt rejoints par le second duo de notre caravane. Ils prétendent que nous avons ménagé nos énergies et flatté les leurs en espaçant outrageusement les marches. Aucun avant-mont ne masque les vertes vallées de Gressonney et d'Aoste; derrière elles s'étagent les sommets groupés autour du Grand Paradis; puis, dans le lointain, se dresse la pyramide du Viso dominant la plaine lombarde; plus loin encore on distingue les crêtes des Alpes Maritimes par delà lesquelles, sur la gauche, scintille une grande étendue bleu-argent: le golfe de Gênes. Nous redescendons prudemment notre «échelle de Jacob» et, peu après, remontons vers la Ludwigshöhe pour retrouver la longue trace qui serpente entre les crevasses du Grenzgletscher, bien plus facile et aimable qu'il ne l'est habituellement. [$$] |
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Expédition à la Meije (France) en 1975
Article de Pierre Vittoz de 1976 sur son expédition à la montagne Meije (3'983 m), dans les Alpes Françaises. La Meije se situe au Dauphiné, dans le Parc National des Écrins, à 6 km au sud-ouest du Col du Lautaret. Meije signifie midi en patois provençal local (Meidjo ou Meidjour (=midi). La Meije est en quelque sorte une autre Aiguille du Midi. La montagne Meije possède une aura particulière, ayant été le dernier sommet majeur des Alpes à être escaladé, en 1877. Pour rappel, les grandes premières de la Meije: Première escalade du sommet du Grand Pic de La Meije, le 16 août 1877, par Emmanuel Boileau de Castelnau et les deux Pierre Gaspard (le père et le fils). Première traversée dans le sens est-ouest, du Doigt de Dieu au Grand Pic, le 26 juillet 1885, par Ludwig Purtscheller, Otto et Emil Zsigmondy. Première traversée dans le sens ouest-est, du Grand Pic au Doigt de Dieu, le 13 juillet 1891, par Ulrich Almer, Fritz Boss et John Henry Gibson. En 1975 ou 1976, PV était accompagné de Philippe Staub et d'autres grimpeurs non nommés, dont Edmond Pidoux. Il s'émerveille moins que prévu pendant cette course. Il se sent malgré lui devenir un peu blasé, après tous ces sommets, toutes ces escalades, dans les Alpes et dans l'Himalaya...
La Meije (3'983 m) en 2018 avec son alignement de pointes sommitales (Source: Alpine Magazine)     (0.25Mb). Comme cela apparaît dans l'article, le dôme sommital porte un alignement de pointes, telle une crête sur la tête d'un iguane. Ce sont dans l'ordre (d'ouest en est): Brèche de la Meije Refuge du Promontoire 3'092 m Arête du Promontoire Campement des Demoiselles Pyramide Duhamel 3'460 m Dalle Castelnau Dalle des Autrichiens Pas-du-Chat Grand Doigt du Glacier Carré 3'764 m Pic du Glacier Carré 3'862 m Brèche du glacier carré 3'750 m Grand Pic (le sommet) 3'983 m Brèche de Zsigmondy 3'936 m 2e Dent 3'947 m 3e Dent 3'951 m Dent Blanche 3'949 m Doigt de Dieu (Pic Central) 3'973 m Meije Orientale 3'891 m Col du Pavé Le Pavé Pic Gaspard Plus bas, à droite: Refuge de l'Aigle
Der Zauber der Meije
(Le Charme de la Meije) Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1976 dans Die Alpen/ Les Alpes, le journal du Club Alpin Suisse. Source: SAC/CAS. Copie de sûreté 11 juin 2024. Ci-dessous, texte traduit du français en allemand. Wir verliessen gerade den Bergkamm [am Ende der Meije-Kletterung] und wollten uns zum Gletscher abseilen, als wir eine andere Seilschaft einholten. Der letzte Mann der Gruppe drehte sich um und sagte mir: «Eine herrliche Route, nicht wahr?» «Ach, nicht so sehr für mich, ich bin ein bisschen enttäuscht», gab ich zur Antwort. Und mit drei grossen Schritten überholte ich ihn. Da hatte ich nun einen doppelten Fehler begangen. Erstens sollte man nie Spielverderber sein, und zweitens hätte ich wenigstens ein paar Tage [Stunden?] warten können [sollen], um eine solche Route zu beurteilen. Wir waren nämlich aus einem ganz bestimmten Grund hierher gereist, über Grenoble und Bourg-d'Oisans so viele Kilometer! [Ah bon? Pour l'infatigable globe-trotter PV, qui explorait avec entrain vallée après vallée, du Ladakh au Népal, cette remarque paraît bizarre...] Die Absicht zur langen Reise [idem] bestand schon seit langem. Mein Wunschtraum verdichtete sich im Laufe der Zeit zu einem feinen Netz von Kenntnissen, von Sehnsüchten, die der Verwirklichung harrten. Erzählungen und Berichte über die Bezwingung dieses letzten Bollwerks der Alpen gab es genügend. Fünfundzwanzigmal wagten Bergsteiger das Abenteuer, bevor die Erstbesteigung Tatsache wurde [in 1877], fast zwölf Jahre nach der des Matterhorns. Ich dachte an Zsigmondy, diesen hervorragenden und berühmten Bergsteiger, der in der Südflanke abstürzte. Natürlich hatten die Fotos des Aussichtspunktes und des Gletschers von Etançons meine Bewunderung erregt; vor allem beeindruckte mich der unheimlich grosse Doigt de Dieu [tout spécialement pour un pasteur], der über einem tiefen Abgrund steil in die Höhe ragt: eine einmalige Silhouette in den Alpen. Ich kannte die Namen, die man den bekannten Hindernissen gegeben hatte: das Couloir Duhamel, die Dalle Castelnau, den Chapeau du Capucin und, nicht zu vergessen, eine ganze Ménagerie: den Crapaud (die Kröte), den Dos d'Âne (der Eselsrücken), den Pas-du-Chat (der Katzentritt) und das Cheval Rouge (das rote Pferd)... Als ich nach einer schwierigen Klettertour nach Chamonix zurückkehrte, erzählte ich meinen Freunden von meinem nächsten Ziel: der Meije; und in ihren Augen las ich dieselbe Abenteuerlust, wie ich sie in mir fühlte. Vermutlich setzte ich zu hohe Erwartungen auf diese Besteigung. Wenn man mit vollen Händen in den Alpen und anderswo geerntet hat, soll man sich dann wie ein Spatz auf eine einzelne Ähre stürzen? Nicht dass ich nun etwa blasiert oder abgestumpft wäre, das überhaupt nicht. Doch Vergleiche drängen sich unwillkürlich auf, und Erinnerungen stellen sich ein. Rébuffat spart nicht mit Adjektiven in seinem Band «Le massif des Ecrins», wenn er von der Überschreitung der Meije berichtet. Wir fanden, dieses eine Mal habe der grosse Bergführer das Mass überschritten. Die Superlative reizten uns zum Lächeln, vor allem sein Gedanke, man müsse in das Gebiet der Meije wie in ein Heiligtum eintreten. Vielleicht war deshalb in uns unbewusst eine leichte Gereiztheit zurückgeblieben, die wohl angesichts des körnigen Schnees und der rauhen Felsen noch mehr zutage trat. Wo bleibt nun da der mystische Elan?   
La Meije Source: Wikipedia Ein einziger Bergkamerad hatte es versucht, mich von meinem Vorhaben abzubringen: «Mach nicht die klassische Überquerung, geh in Richtung Südflanke des Grand Pic und zum Grand Z in der Nordflanke!» Doch von diesen Vorschlägen erzählte ich Philippe Staub nichts, denn für uns war der Fall klar: Wir wollten der historischen Marschroute folgen, mit dem Aufstieg über den Gebirgsvorsprung des Promontoire hinauf zum Grand Pic, dann Überquerung des Felskammes durch die Brèche Zsigmondy bis zum Doigt de Dieu. Eine enge, kurvenreiche Strasse führt nach Bérarde. Eigentlich ist es eher ein gepflasterter Weg, wo die Automobilisten gar nicht mehr anders können, als höflich sein. Das Dorf ist klein, die Häuser stehen wie zusammengepfercht im entlegensten Teil eines trockenen Tales, das in seiner Grosse fast erdrückend auf die kleine Siedlung wirkt. Steinmauern, Schieferdächer, zwei kleine Spezereiläden. War wohl auch das Wallis zur Zeit von Whymper und Javelle so nüchtern, so schlicht? Man ist ergriffen von der Einfachheit dieser stillen kleinen Welt, die sich selbst genügt. Daneben kommen einem die modischen, berühmten Wintersportplätze wie ein buntscheckiger Zirkus vor. Man müsste im Weiler umherschlendern auf der Suche nach vergangener und vielleicht gar verlorener Zeit. Da stand ein Wegweiser vor uns: «Refuge du Promontoire, 5 Std.» Um die Nacht nicht zu verkürzen, steuerten wir nun mit längeren Schritten auf unser Ziel zu. Der Weg, umsäumt von Türkenbundlilien, führte bald in ein Tälchen, dessen horizontaler Talboden von riesigen steilen Felshängen beherrscht wird. Keine Weide, kein Baum waren zu sehen. Wir fühlten uns wie Fremdlinge. Im Kaschmir-Gebiet und in Peru [PV n'est toutefois pas allé au Pérou] fühlt man wohl diese Verlassenheit noch mehr, doch dort belebt uns ein unermesslicher, vielfältiger Horizont. Hier, zwischen Grenoble und Briançon, waren wir nicht auf diese Einsamkeit gefasst. Es war, als seien wir nicht mehr in Frankreich und ausserhalb des Alpengebietes, fern von allen Menschen. Das Tal des Vénéon ist in seiner Weltabgeschiedenheit ein eigenartiger und ungewöhnlicher Flecken Erde, umrahmt von den Silhouetten der Berge ringsum. Bei der Biegung des Gebirgsbaches, unmittelbar vor uns, erhebt sich die Meije. Ihre Südflanke entspricht wirklich dem, was wir uns vorgestellt haben. Wir sehen eine Erhebung von fahlroten Steinplatten, deren Längsrillen in die Höhe streben, nur unterbrochen von einem kleinen, eckigen Gletscher in einer Nische. Ein Gipfel, in den sechs beinahe gleich grosse Türmchen eingekerbt sind. Grau sind sie und spitz. Das Bild einer Festung ersteht vor unsern Augen, einer Burg mit klaren, ausgewogenen Linien. Die Felsmauer ist so karg und nüchtern, dass man sich kaum bewusst wird, dass sie 800 Meter hoch und doppelt so breit ist. Über Moränen und Schneefelder stiegen wir gegen die linke Seite der Felsmauer, in Richtung des einzigen Reliefs, nämlich des Strebepfeilers auf der Wächte, wo auch die Schutzhütte des Promontoire ihren Platz gefunden hat. Der Sonnenuntergang war wundervoll über dem Olan und der Barre des Ecrins. Über den Tälern, die im Dunst verschwammen, erhoben sich die weit auseinanderliegenden Berggipfel, jeder für sich abgegrenzt, überraschend steil und abschüssig und, so schien es, fast abweisend. Am nächsten Morgen war der Weg zum Aufstieg kurz, nämlich genau einen Schritt zwischen dem Holzbalkon und dem ersten Grataufschwung im Granitgestein. Der Abmarsch war angenehm; denn es war Tag, und der Fels nicht kalt. Die Wegspuren waren kaum sichtbar; sorgfältig suchten wir unsere Marschroute über Platten und durch Kamine; wir wollten der überlieferten Route folgen; so war auch die Möglichkeit gering, dass wir uns zwischen den Felswänden verirrten. Ich bemerkte, dass wir uns behutsam vorwärtsbewegten, die Griffe erprobend und an den Blöcken rüttelnd, bevor wir sie mit unserem Gewicht belasteten. Das sollte Granit sein? Ja, vielleicht seiner körnigen Beschaffenheit nach. Doch dieser Granit hier war bröckelig und unstabil. Diesmal erweckte sein Name in uns keine Freude wie sonst. Im grossen Couloir Duhamel mussten wir wie auf Eiern gehen. Eine Zweierseilschaft, die gerade auf dem Rückweg war oder die vielleicht weiter oben biwakiert hatte, stieg in mehreren Abseilmanövern ab und befürchtete Steinschlag. Ich verstand nun, warum der Hüttenwart unsere Trägheit am frühen Morgen als Weisheit angesehen hatte! Er glaubte, wir wollten uns vor dem Steinhagel schützen, den die Seilschaften, die in der Nacht aufgebrochen waren, oft unwillkürlich auslösten. Ich habe das Gefühl, dass mich die Meije hier, im Couloir Duhamel, enttäuscht hat. Es ging um die Qualität, die Beschaffenheit des Gesteins. Aber ich wusste doch, dass so manche klassischen Besteigungen im Laufe des letzten Jahrhunderts auch auf schlechtem Gestein stattfanden, und doch habe ich mich nie von den wackligen Gendarmen der Dent Blanche oder des Täschhorns entmutigen lassen. Niemand hatte mir ja hier Urgon aus Argentinien oder Protogin vom Requin vetsprochen. Aber ich hatte mir die Besteigung dieses Aussichtspunktes ebenso grossartig wie die des Badile-Grates vorgestellt oder ebenso prächtig wie die des Salbitschijen. Doch alles schien nur Traum, auch die Photos schienen nur Trugbilder gewesen zu sein. Wir erkannten: der Fels der Meije ist halt nur ganz gewöhnlicher Fels. Vor uns erhob sich nun die Muraille Castelnau, 150 Meter hoch, senkrecht. Für manche ein schier unüberwindliches Hindernis. Pierre Gaspard, ein Bauer aus einem benachbarten Tal, fand dank seinem Flair und seiner ausgezeichneten Beobachtungsgabe den richtigen Einstieg, den berühmte Gipfelstürmer wie Almer und Coolidge vergebens gesucht hatten. Er entdeckte damit die Route, die zum Ziel führt. Noch heute ist der damals begangene Weg der einzig mögliche. Dank einer Skizze und wenigen Stichwörtern liess sich die Besteigung der mit Platten unterbrochenen Felsbänder gut bewältigen. Die schlechte Gewohnheit, hier wie anderswo, Haken bei der geringsten Schwierigkeit einzuschlagen und sie dort zu belassen, ist leider auch da zu beobachten. Dies irritierte uns umso mehr, als die rote und steile Wand ihren eigenen Charakter, ihren eigenen Stil aufweist, und der Dos d'Âne und der Pas-de-Chat sind amüsant für den Berggänger. Wir erwarteten mit Ungeduld die Überschreitung einer Felskante, denn wir waren gespannt auf den Glacier Carré, den viereckigen Gletscher, der so oft photographiert wird. Plötzlich sahen wir den berühmten Gletscher vor uns. Wir waren auf dem Gipfel der Felsmauer angelangt. Die gleichförmige Eismasse, überragt von der spitzen Pyramide des Grand Pic und umrahmt von glatten Wänden, ist faszinierend. Genau vor uns begann der Gletscher, dessen Einfachheit, dessen klare geometrische Schlichtheit bestechen. Reine Linien, keine Schnörkel, eine gewisse formale Nüchternheit wie der Schatten eines Morgens. Wir folgten nicht der Seilschaft, die sich in gefrorenen Spuren emporhisste, sondern folgten einer Diagonale im Gletscherquadrat. Das Vergnügen, auf einem glatten Hang zu steigen, leuchtete uns aus den Augen. Das war nun die Meije, wie wir sie uns vorgestellt hatten: schroff, einfach, ohne Wegspuren. Wir wären gerne den ganzen Morgen so weitermarschiert, in dem wiegenden, präzisen Schritt, den Steigeisen verleihen. Ach, wie ist er klein, dieser Gletscher! Allzu schnell befanden wir uns wieder in der Flanke des Grand Pic, im brüchigen Gneis, wo wir sorgfältig mit Händen und Füssen abtasteten, um seine Festigkeit zu prüfen. Nach und nach wurde der Hang steiler und drängte uns gegen seine linke Seite ab. Plötzlich wurde die Bodenfläche, auf der wir uns fortbewegten, zusehends schmaler. Sobald wir nun die Spitze der Felsplatte erreicht hatten, gelangten wir mit einem Mal aus dem Süden zum Norden des Berges. Wir liessen unsere Blicke über seine Nordwand hinuntergleiten, auf den zerschrundeten Gletscher, die kargen Weiden, auf La Grave, das Dorf mit seinen grauen Dächern und seinen bebauten Feldern und Äckern. Hier standen wir buchstäblich auf dem Dach des Berges, dessen Einzigartigkeit mir schlagartig einleuchtete: Das hier ist kein verästeltes, verzweigtes Gebirgsmassiv, auch nicht eine Pyramide mit drei oder vier Graten, sondern eine einzige gigantische Klinge mit zwei aussergewöhnlich hohen und steilen Seitenwänden. Der Anblick dieser erstaunlichen Platte ist vom Gipfel aus faszinierend. Einsam steht sie da, im leeren Raum. Nur der leichte Schönwetterdunst und die Kraft der südlichen Sonne mildern die Starrheit, die Strenge des Berges. Unsere Blicke wanderten von rechts nach links, ohne an irgend etwas Bestimmtem festzuhalten, über Täler schweifend, über Gletscher, die wir nicht kannten, über das ferne Massiv des Mont Blanc. Hinter uns lag der lange Grat des Râteau und des Pic, der den quadratischen Gletscher überragt. Vor uns, auf der Gratkante zwischen den beiden Abgründen, sahen wir den eingezeichneten Weg in der Richtung der aufgehenden Sonne. Er führte uns auf schimmernden und glitzernden Graten, wo sich der Doigt de Dieu erhob. Ein Berg nahe der Vollkommenheit, dank seiner Einheit und seiner Architektur. Vom Grand Pic aus stiegen wir hinunter in die Brèche Zsigmondy. Einige Felsen -- zweimal Abseilen, dann eine Platte, an der ein ausgefranstes Drahtseil hing. Man kann nicht behaupten, es sei ein schwieriger Abstieg gewesen, aber er war doch eindrucksvoll. Der Verfall des Gesteins verschlimmert sich zusehends, je näher man dem Grund der Scharte kommt. Sie ist übersät mit Schutt, ihre rissigen Wände scheinen wie von einer Explosion zerrissen und zerklüftet. Ein gewaltiger Abbruch fand im Jahre 1964 statt [le 15 mai 1964], als die Felsmauer auf einer Länge und einer Tiefe von 30 Metern einstürzte und Tausende von Tonnen Felsgestein die Südflanke verwüsteten und dort eine tiefe Scharte gruben, die heute wieder in Gefahr steht abzubrechen. [D'autres écroulements se sont produits en 1969 et 1982, réduisant la Meije orientale. Et finalement, le 7 août 2018, deux pics de 15m de haut qui se dressaient sur la face sud de la Meije, entre le bord supérieur du Glacier Carré et la base de la Brèche du Doigt, un col à la gauche du Pic du Glacier Carré, se sont alors effondrés et sont tombés dans le vide.] Von der bröckligen und verwitterten Bresche aus wird es unmöglich, dem überhängenden Grat zu folgen. Ein hundert Meter langes Drahtseil wies uns den Weg geradeaus in Richtung Nordflanke. Die Füsse auf dem Schnee, die Hände am Fels oder am Drahtseil, folgten wir dem Fuss eines vertikalen Gratabbruchs. Wir fühlten eine gewisse Hochstimmung und strengten uns an, zwei Eisrinnen zu übersteigen. Das flach einfallende Sonnenlicht liess Gletscher und Eiskristalle glitzern und aufleuchten -- Der Berg schillerte und funkelte in seiner Pracht. Eine senkrechte Rinne führte uns wieder zum Grat zurück. Geblendet standen wir auf diesem ausgezackten Giebel, den wir am Vorabend bewundert hatten. Wir folgten ihm schweigend, um diesen aussergewöhnlichen Spaziergang voll auszukosten. Eine rasche Folge gezähnter Spitzen, wo man im Gleichgewicht zwischen der sonnenbeschienenen, senkrechten Schneide und den fliehenden Schneefeldern marschiert. Eigentlich waren wir nur zu gut trainiert, jeder Gratzahn war im Nu bezwungen. Wir liessen uns ein Picknick auf der äussersten Spitze des Doigt de Dieu einfallen, um das Vergnügen und die Freude der Traversierung etwas zu verlängern. Der Aufstieg endete am Gipfel eines Eishanges, wo Touristen sich in ihre Seile verwickelt hatten. « Das ist eine herrliche Route, nicht wahr? »... « — » Abseilen — ein Bergschrund — aufgeweichtes Gletschereis. Eine Viertelstunde später lösten wir das Kletterseil und schlüpften langsam und bedächtig aus der Weste, mit dem Bewusstsein, eine gute Arbeit verrichtet zu haben. In zwanzig Meter Entfernung lag die Schutzhütte L'Aigle, mit ihren Holzwänden, so klein und fast schutzbedürftig inmitten der gewaltigen Bergriesen ringsum. Sie liegt zwischen zwei Gletschern eingebettet, auf 3'500 Meter Höhe, in der Nähe der Gipfel, weitab von den Dörfern. « Was tun wir jetzt? » « Wir könnten vor 4 Uhr in La Grave sein. » « Ich hätte noch eine Gaspatrone fürs Rechaud. » Frage und Antwort. Umgangssprache beantwortet nicht immer die Grundfrage. Freunde im täglichen Dialog verstehen sich ohne viel Wortgeplänkel. Oft genügt ein kurzes Schweigen, eine leichte Änderung im Tonfall, eine Geste oder ein Blick. Kurz - Philippe, der gewiegte Kletterer, drehte sich um. Er schaute zurück auf die Spur, die von unsern Schritten herrührte, überblickte nochmals all die Grate, die wir überquert hatten. Der Schnee glühte und flimmerte in der Mittagssonne. Die Meije zeigte sich in einem neuen Kleid, dem des Lichts und dem der Anmut. Die Frage hatte ihre Antwort gefunden. Die Rucksäcke wurden in der alten Schutzhütte deponiert. Wir richteten uns teils auf der Holzschwelle, teils auf dem benachbarten Felsen ein. Wir sahen, wie die Sonne ihren Lauf vollzog, wie der Gletscher sein Angesicht wechselte, wie die Schatten am Grand Pic und am Doigt de Dieu länger wurden. Die Wolkenränder zeichneten sich schillernd ab, und es schien, als ob alle Silhouetten in der Abenddämmerung erstarrten. Bald erhob sich prächtig der Vollmond über dem ganzen Massiv. Da verstanden und fühlten wir, dass es einzelne privilegierte Berge gibt — auch heute noch und trotz der fortschreitenden Technisierung —, deren Anmut und Schönheit viel mehr ins Gewicht fallen als die Qualität des Gesteins und der Schwierigkeitsgrad der Besteigung. Die Überschreitung der Meije hörte nicht am Bergschrund auf, auch nicht in der Schutzhütte. Wir erlebten sie eine ganze Woche lang beim Familien-Zelten weiter. Die Meije stand dem strengen Col du Lautaret gegenüber, sie kontrastierte mit der schrecklichen Alpe d'Huez und glich sich an die Barre des Ecrins oder an die Aiguilles d'Arves an. Wir fanden sie wieder im Buch, das ihr Isselin gewidmet hat, und im Roman von Liotier, wo die Meije personifiziert wird, indem sie den Charakter des Bergsteigers und des «celui qui va devant» enthüllt. Wir empfanden ihren Geist im Weiler, der vom Tourismus verschont geblieben ist, in einem menschenleeren und blumenbewachsenen Tal, in klaren, rauschenden Wasserfällen, die ungestüm und ungebändigt zu Tal rauschen, so wie Gott sie erschaffen hat. Und während die Zeit verstrich, rückte die Meije in unseren Augen wieder an den Platz, den sie wegen ihres fragwürdigen Gesteins beinahe eingebüsst hätte, an den Platz, den sie zusammen mit einigen andern Bergen dank ihrer Geschichte, ihrer Struktur und wegen des sanftgoldenen Lichts am Oisans-Massiv verdient. Übersetzung Monique Meuli
Ajouté 15 juin 2024
La Meije en 2024. Les fous de la montagne. Nicolas Jean et Benjamin Védrines ont descendu le Z de la Meije à ski, le 5 juin 2024. Un enchaînement de 16 heures pour un total de 4'000 mètres de dénivelé... Les deux comparses vont tenter ensuite en été 2024 l’ascension à la journée et sans oxygène du K2, second plus haut sommet du monde situé au Pakistan, avec l'espoir... d'en décoller.
Ajouté 15 juin 2024
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Alpinisme
Livre "Les Alpes Vaudoises" (1970) Guide des Alpes Vaudoises La marche et l'escalade dans les Alpes Vaudoises, par Pierre Vittoz, qui les connaissait comme sa poche, y grimpant et varapant depuis tout petit. Itinéraires, récits vécus, images et croquis.
Article de Pierre Vittoz sur les livres-guides de montagnes. L'auteur se plaint de n'avoir vendu, en l'année 1975, que 216 exemplaires de son Guide des Alpes Vaudoises (ce qui en vérité est déjà pas mal du tout...). Il déplore que fort peu d'alpinistes se montrent enclins à en rédiger. Il ouvre finalement en Suisse le débat, entamé aux USA, sur l'utilité de principe et l'éventuelle nocivité des guides de montagnes. Gib mir den Alpenführer ! Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1977 dans "Les Alpes", le journal du Club Alpin Suisse. Source: CAS, 23 juin 2023. Ci-dessous, texte traduit du français en allemand. Meine Bibliothek enthält ein ganzes Regal davon. Zuerst natürlich die SAC-Führer mit den Walliser, Waadtländer, Berner, Urner und Graubündner Alpen, dazu den Jura und die französisch-schweizerischen Voralpen. Dann gibt es da auch die Vallot-Führer vom Mont-Blanc-Massiv, solche vom Salève und den Engelhörnern und andere bis nach Norwegen und Kaschmir, nicht zu vergessen die Übersetzungen: die Engländer haben sorgsam den Vallot abgeschrieben, so wie es die Deutschen mit den « Dolomiti » der Italiener gemacht haben. Fügen wir noch einige Broschüren über die kleinen Massive, die zur Freude der Bergsteiger im Anfängerstadium gereichen, hinzu, von den Ecoles d' escalade vaudoises bis zu den Calanques via Dentelles de Montmirail und Baou de St-Jeannet.
Ferner muss man die Fiches Mythra und die noch in Bearbeitung befindlichen ioo ($$) plus belles courses des Mont Blanc und des Oisans zählen - diese Ausgaben gebären ständig Junge. Es amüsiert mich übrigens festzustellen, dass die erste Auswahl dieser Ausflüge, die ich besitze, keineswegs von Gaston Rébuffat oder von Walter Pause ist, sondern der Guide illustré des Alpes suisses, an welchem schon 1906 der berühmte Marcel Kurz mitwirkte! Zur Verstaubung kommen diese Bücher nicht. Ich öffne sie des öfteren, um Erinnerungen oder Plänen nachzugehen. Und in die Berge gehe ich regelmässig mit dem einen oder anderen - oder zumindest mit der Kopie einiger Seiten und einer Skizze. Und siehe da, es gibt Leute, welche diese Literatur nicht bedingungslos zu lieben scheinen. Man fragt, in welchem Masse sie zweckdienlich sei und ob sie die Bergwelt darlege oder im Gegenteil nur verberge. Erstes Anzeichen dafür: die Trägheit, mit welcher sich einige Handbücher verkaufen. Sogar der Führer unserer schönen Waadtländer Alpen fand im Jahre 1975 nur 216 Käufer. Die sechs Bände über Tessin, Jura, Savoyen, Waadt und Freiburg übertrafen den Durchschnitt von 170 verkauften Exemplaren nicht. Ein anderes Anzeichen ist vielleicht die Schwierigkeit für den SAC [Schweizer Alpen Club], Autoren und Mitarbeiter für die Redaktion solcher Bücher zu finden. In der Ostschweiz häufen sich schon seit etlichen Jahren die vergeblichen Suchereien nach einem Kenner der Graubündner Alpen, der für diese Aufgabe bereit wäre. Was die Auskünfte betrifft, welche die verschiedenen Bergsteiger erteilen könnten, das ist wieder ein anderes Kapitel. Schon 1930 beklagte sich Marcel Kurz über das vorhandene Schweigen bezüglich der Walliser Alpen, und sein Nachfolger Maurice Brandt zählt seine Enttäuschungen schon gar nicht mehr. Sogar der Vallot-Führer glänzt nicht immer: die 1975« Ausgabe seines Bandes III weist Ungenauigkeiten und Fehler im Trient-Massiv auf, und zwar aus unserem Verschulden heraus, da wir Westschweizer Kletterer die Gegend sehr wohl kennen, es aber versäumt haben, den Autoren unsere Notizen und Korrekturen zu schicken. Ich war dabei, meine Führer weiter durchzugehen, als ich erfuhr, dass die amerikanischen Kletterer (die uns schon ein paar Sachen im Alpinismus gelehrt haben) das Prinzip der deskriptiven Bücher an sich in Frage stellten und die Reaktion darauf dazu führte, dass sie beschlossen, gewisse Regionen ihres Landes überhaupt nicht in die Führer und Handbücher aufzunehmen. Die Franzosen schnitten ihrerseits das heikle Thema an, und La Montagne et Alpinisme (104, 2/1976) enthält eine lange Diskussion 4 zwischen den Autoren und verantwortlichen Verlegern des CAF. Aus dieser Diskussion möchte ich den Widerhall mit in « Die Alpen » bringen, um die Debatte in der Schweiz zu eröffnen. Es kommt allerdings für mich nicht in Frage anzugreifen, was wir bis anhin geschätzt haben. Die Führer-Handbücher haben sich « eingebürgert » in unseren Rucksäcken, und sie haben uns so viele Dienste geleistet -sie halfen uns, so schöne Ausflüge zu entdecken und durchzuführen -, dass es ebenso dumm wie anmassend wäre, ihren Wert zu leugnen und ihr Verschwinden vorzuschlagen. Aber ein Gedankenaustausch zwischen ihren Benutzern, Anfängern und Routiniers, könnte sowohl ihren Autoren wie auch dem SAC und vielleicht dem Alpinismus selbst zum Vorteil gereichen. Das Problem wurzelt in der ausserordentlichen Zunahme der Bergsteigerzahl. Dies ist augenfällig für jedermann, der die Berggipfel seit zwanzig oder vierzig Jahren durchzieht: einige Routen sind nun mit Menschen überfüllt, mit unnützen Felshaken besät, voller Abfall. Sicher trägt der ganze Trend viel dazu bei, auch die Qualität des Materials. Ebenso aber schriftlich festgelegte Anleitungen, von den verlockenden Photos der Aus-flugswahl bis zu den Handbüchern, die eine Region im Detail darstellen. Sollen wir nun damit weiterfahren, aus Routine all unsere Anstrengungen daraufhin zu richten, möglichst viele Leute in die hohen Berge zu locken, was in vergangenen Zeiten gerechtfertigt war, es aber heutzutage nicht mehr unbedingt ist, wo doch der Alpinismus und die Bergwelt Gefahr laufen, durch die menschliche Invasion beschädigt zu werden? Die Frage wird deutlich zu Beginn des Bandes V der Alpes valaisannes aufgegriffen, in dem Maurice Brandt mit gleicher Sorgfalt wie Kompetenz ungefähr goo Routen zwischen den Pässen des Simplon und der Furka — eine den Kletterern wenig bekannte Kette - beschreibt. In seinem Vorwort schreibt das Zentralkomitee des SAC: « Es ist unsere grosse Aufgabe, unberührt zu be- wahren, was anscheinend bald eine der letzten Reserven für die Erholung darstellt, die für unser hektisches Leben so nötig ist. Es geht nicht bloss darum, diese Gegend vor den technischen Einrichtungen zu beschützen, sondern auch vor der touristischen Entwicklung zu bewahren, um diesen Hafen des Friedens unversehrt zu lassen. » Merkwürdige Art, ein Buch vorzustellen, dessen Tausende von Exemplaren dazu dienen, uns in jenen Hafen des Friedens zu führen... Zwei Seiten weiter bemerkt der Verfasser: « Diese Gegend hatte den Vorzug, bis jetzt am Rande der grossen touristischen Strömungen zu bleiben. Wäre es nicht am Platze, sie weiterhin davor zu bewahren? Dies ist eine Frage, die ich geneigt wäre, sofort bejahend zu beantworten. » Im gleichen Zug fragt der Verfasser richtigerweise, ob der SAC nicht « darauf verzichten könne, weitere Hütten in der Gegend aufzustellen. » Und die Veröffentlichungen? Vielleicht hat ein Führer mehr Einfluss, als es scheint. Zuweilen hat der Alpinist seine Wahl bereits getroffen und schlägt im Führer nur nach, um sich über die Route zu informieren. Es kann aber auch sein, und ich glaube, dies ist meistens der Fall, dass er in seinem Führer blättert, um ein Ausflugsziel zu suchen, und er wählt sein Ziel nach Kommentaren wie « interessante Route », « verdient, klassisch zu werden », « sehr schöner Ausflug » usw., welche der Verfasser Seite um Seite angehäuft hat. Es ist ganz verständlich, dass die Ratschläge der Kenner befolgt werden, aber schlussendlich bringt es der Führer oder das Handbuch soweit, dass ein Gipfel überfüllt ist, ein andrer hingegen vernachlässigt wird. Wie steht es nun mit jenen ( hier muss ich mich schuldig bekennen ), die öffentlich darauf hinweisen, dass dieser oder jener Hang noch unberührt ist? Muss man sie als « Kuppler » verurteilen?... H. Isselin, Verfasser berühmter Monographien, glaubt, dass der Bergsteiger die Bergwelt zu lange als Turnhalle betrachtet und die darin lebende Bevölkerung hochnäsig missachtet hat. Es scheint, unsere schweizerischen Handbücher entsprechen allzusehr dieser Optik. Mittels ihrer technischen Angaben verleiten sie immer mehr zu einer athletischen, ja sogar wettkampfmässigen Annäherung an die Berge. Was das Leben im Gebirge angeht, da erwähnt man gelegentlich die Fauna, wie Gemsen ( Jura, Waadtländer Alpen ) oder die Vipern ( Freiburger Alpen ) usw., aber nicht die Menschen. Bei den « Urner Alpen » sind trotz der ausdrücklichen Anweisung des SAC meist auch die Erstbesteiger nicht erwähnt. Wir behaupten nicht, dass ein geschichtlicher Abriss der Dörfer und eine Wirtschaftsgeographie der Gegend notwendig sei, aber möglich ist es sicher, die Bergwelt so darzulegen, dass mehr menschliche Aspekte berücksichtigt werden. Unsere Handbücher sollen kein trockenes, beschränktes Bild der Berge entwerfen, das kein Leben enthält. Birgt der Clubführer auch Gefahren? Nicht direkt; ausgenommen in ganz speziellen, extremen Fällen, ist noch niemand verloren gegangen, weil ihn der Führer irregeführt hätte. Im Gegenteil, gerade indem sie auf die Schwierigkeiten hinweisen, vor allem mit der bekannten Einteilung nach Schwierigkeitsgraden, vermindern diese Handbücher viele Risiken und Gefahren - und sicher auch Unfälle. Und doch steckt darin eine heimtückische Gefahr, nämlich die: die Initiative, ja sogar die Be-obachtungsfähigkeit des Bergsteigers wird abgestumpft. Der Führer schlägt ihm nicht nur ein Ausflugsziel vor, er gibt ihm oft auch das mitzu-nehmende Material an sowie die Zeit aufzustehen, die Anseildistanz, die zu vermeidenden Hindernisse, die Stelle, wo die Steigeisen anzuschnallen sind, die zu benutzenden Felshaken, den versteckten Griff... er präsentiert ihm sogar einen « Frühstücksplatz ». Die Gefahr ist nämlich dabei die, dass sich der Alpinist dadurch blindlings von seinem papierenen Führer leiten lässt, wie andere schlafwandelnd ihrem lebendigen Bergführer folgen. Kürzlich, als wir auf einem der Diablerets-Gip-fel sassen und bereits gut zehn Minuten die Aussicht bewundert hatten, fragte mich doch mein Nebenmann: « Wie heisst das hier eigentlich? »... Und was unterscheidet den Menschen eigentlich vom Maulesel? B. Amy erzählt folgende wahre Begebenheit: « Zwei Alpinisten ziehen zum For-bes-Grat ( Chardonnet ) bei herrlichem Wetter; aber mitten auf dem Grat lassen sie den Clubführer in eine Spalte fallen. Was tun sie wohl? Kehrt-wendung! Weil sie, ohne Führer, nicht imstande sind, einem gradlinigen Grat zu folgen, der sie bis zum Gipfel geführt hätte, wo ihnen die Menschenmenge den Abstiegsweg gezeigt hätte. (... ) Alpinisten, Ausflügler und Touristen wurden daran gewöhnt, mit der Nase im Handbuch um-herzulaufen, wobei die Augen kaum hervorgucken. » Die Anweisungen des SAC erteilen den Verfassern von Handbüchern den Befehl, vollständig zu sein, alle Berge des Sektors zu beschreiben und all die dazugehörenden Routen. Aber kann man vollständig sein? Selbstverständlich nicht. Wenn einerseits einige Leute sich bemühen, die kleinste Variante und winzigste Winterbesteigung anzugeben, sagen andere nie etwas. Der grösste Zufall war für mich notwendig, um zu erfahren, dass der Sailles-Grat im Muveran vollständig 1937, und nicht 1945, erklommen wurde. Aber wie viele Kletterer meldeten weder eine Erstbesteigung noch eine wichtige Korrektur einer seit vielen Jahren gedruckten Beschreibung? Ausser für kürzeste Besteigungen ist es eine Illusion zu glauben, dass eine Beschreibung wirklich ganz vollständig und exakt sei. Es gibt weniger gut merkbare Stellen als andere, und dann staunt man entweder über eine Lücke im Text oder man hat den Text vor sich, die beschriebene Stelle ist aber bereits vorbei. Es besteht die Ungenauigkeit der Sprache, die den Verfasser veranlasst, als Kamin zu bezeichnen, was für Sie nur ein Riss ist, und als Felsplatte, was Sie Mauer nennen würden. Da ist der überhängende Fels oder der y-för-mige Riss, für den Autor charakteristisch, welche Sie jedoch nicht unterscheiden können. Und der mittlerweile geschmolzene Firn als Kennzeichen angegeben. Und der Felshaken verschwun- den oder verdreifacht. Was die Stellen angeht, die, mit IV bewertet, für Sie III oder V sind, da könnte man sich lange streiten. Die subjektiven Faktoren sind allzu zahlreich, als dass die Genauigkeit, welche Beschreibungen und Skizzen vorgeben, gewährleistet wäre. Von der Envers-des-Aiguilles-Hütte aus sieht man südlich des Tour Rouge das Couloir aus 400 Meter Distanz. Kürzlich sagte mir der Hüttenwart, dieses Couloir sei, da gefährlich, abzuraten und seit langem verlassen. Die drei Beschreibungen jedoch, die ich von dieser Seite des Grépon besitze, machen daraus einen normalen und sicheren Weg. Lachen wir niemanden aus ausser diejenigen, die ihre Erinnerung und persönliche Ansicht für unfehlbar halten. Und belächeln wir die Worte, mit denen die Zeitungen das Abenteuer von « zwei unglücklichen Bergsteigern » oberhalb Vallorbe geschildert haben: « Der Führer, verfasst von den Brüdern Rémy, den sie zu Rate gezogen hatten, sagte eine bereits mit Felshaken versehene Route an. Tatsächlich aber — so Herr J. P. haben wir eine ungenügend mit Nägeln ausgestattete Route als « Zweite » realisiert, da zwei Nägel fehlten (... ), um die Verbindung herzustellen, dieweil die meinigen sich im Kofferraum meines Wagens befanden. » Während fünf Stunden blockiert, haben beide wenigstens Zeit gehabt, über den zweckmässigen Gebrauch von Clubführern und Handbüchern nachzudenken. Der Gipfel wäre, den Redaktor des Handbuchs für das Schmelzen des Firns oder für das Verschwinden des gewünschten Felshakens verantwortlich zu machen. Und doch! Ist es angemessen, als Kennzeichen ein vergängliches Stück Schnee anzugeben? Sich bei der Wegbeschreibung an Details und Felshaken zu halten? Mit andern Worten: was muss man und was nicht in eine Beschreibung einbeziehen? Da wir natürlich unsere Handbücher nicht in Spalten werfen: wie kann man sie verbessern? Was könnte man den Verfassern vorschlagen? Beginnen wir mit dem Genauigkeitsgrad. Mir scheint, dass wir im grossen und ganzen mit der Zahl der gelieferten Auskünfte sichtlich übertrieben haben. Sicher notwendig ist die Angabe des Schwierigkeitsgrades der Route im gesamten und der Zeitplan, die Beschaffenheit des Gesteins und der verschneiten Abschnitte, damit der Tourist abzuschätzen vermag, worauf er sich einlässt. Ebenfalls müssen der Einstiegsort der eigentlichen Route, die allgemeine Linie des Aufstiegs und die von weitem sichtbaren Anhaltspunkte vorkommen. Wichtig sind auch die Namen der Ersterkletterer und das Datum ihres Aufstiegs, was oft über die Art der Besteigung etwas aussagt, über das rein Technische hinausgeht, zur Bescheidenheit zwingt... Zu denjenigen Auskünften, deren Nutzen weniger sicher ist, gehören - mit Ausnahmen - die Angabe von Standplätzen, Ratschläge über die Art, ein Hindernis zu überwinden, der Schwierigkeitsgrad einzelner Passagen und die Lage der Felshaken; aus diesem Gesichtspunkt, aber nur aus diesem, sind gewisse Führer der Urner und Graubündner Alpen beispielshaft knapp. Serge Coupé, Verfasser des detaillierten Führers Vercors-Chartreuse, drückt sich mit einer hier erwähnenswerten Autorität aus: « Die Details, die lese ich nicht einmal. Übrigens entweder vergesse ich den Führer bei mir zu Hause, oder er bleibt in meinem Rucksack. Daraus schliesse ich, dass es sich erübrigt, die dritte Aufteilung der X-Spalte zu kennen. Was not täte, wären, ohne sich im kleinsten zu verlieren, allgemeine Angaben, die Gesamtorientierung der Route, die Schwierigkeit, damit der Leser weiss, was er antreffen wird ( man soll die Leute nicht in den Tod schicken ). Aber es ist unnötig, Abschnitt um Abschnitt zu beschreiben und die Zahl der Felshaken anzugeben, die übrigens von Jahr zu Jahr, wenn nicht von einem Tag zum anderen, wechselt. Ich behaupte sogar, dass es gefährlich sein kann, zu viele Angaben dieser Art zu machen, zumal das Risiko, sich zu irren, mit der Zahl der Auskünfte wächst. (... ) Falls ich wieder etwas verfasse, werde ich weniger Einzelheiten, dafür mehr allgemeine Angaben, mehr Photos - und nicht nur Photos von Felswänden - von Bergbächen und Chalets geben. Ohne bis zur Lokalfolklore zu gehen, werde ich versuchen — aber wird es mir gelingenein-zuflüstern, was man in der Gegend sehen oder finden kann. » Ein anderer zur Diskussion stehender Punkt ist derjenige der Varianten. Einzelne Gipfel sind höchst variantenreich. Für die sehr bemerkenswerten Nordwände der Courtes und des Triolet weist die Mont-Blanc-Kette Skizzen auf, die mit so vielen punktierten Linien versehen sind, dass man den Berg kaum noch sieht. Und falls Sie sich für den SW-Kamm der Aiguille d' Argentière interessieren, schlägt Ihnen der Führer 24 Routen vor! In den Walliser Alpen, wo das Gestein nicht dieselbe Qualität aufweist, haben sich die Bergsteiger bemüht ( oder geirrt ?), indem sie die Berge mit zweifelhaften Varianten durchzogen. Der Südhang des Grand Combin weist neun im Führer beschriebene Routen auf, wovon nur drei als empfehlenswert oder wenigstens als ungefährlich dargelegt werden. Soll man die anderen dennoch beschreiben? Die Ostseite des Dom der Mischabelgruppe ist von fast ebenso vielen Routen wie Runsen durchzogen. Wieso alle aufzählen? Befinden Sie sich einmal an Ort und Stelle, so helfen Ihnen nur Ihre Augen, um diese oder jene Linie zu wählen, und zwar den momentanen Bedingungen entsprechend. Und falls Sie eine « Premiere » zu machen gedenken, obschon Puckle oder Williamson schon im vorigen Jahrhundert, allerdings unter ganz anderen Schneeverhältnissen, da gewesen sind: was ist denn schlimm dabei? Unser Meister Marcel Kurz hatte eine klare Meinung über dieses Thema. Er schrieb 1947 in seinem Vorwort zu Alpes valaisannes II: « In der vorigen Ausgabe hatte ich schonungslos alle unnützen Varianten weggelassen. Mehrere Kritiker haben mir dies zum Vorwurf gemacht, in der Meinung, sie könne nur eigenmächtig und subjektiv sein. Vielleicht. Ich habe also versucht, objektiv und vollständig zu sein. (... ) Die Kürze in der Beschreibung gewisser Wege und Varianten steht im allgemeinen in Beziehung zu ihrem prakti- schen Wert... » Indirekte Art, subjektiv zu sein. Die detaillierte und umfassende Beschreibung dokumentiert das Wissen des Verfassers. Die Auswahl, welche ein Risiko aufweist, zeigt seine Auffassung vom Alpinismus. Das Risiko der Wahl zeigt sich ganz besonders in den Büchern, die uns 50 oder ioo Wege für ein Massiv oder eine Besteigungsart vorschlagen. Diese Bücher sind herrlich und sehr nützlich. Aber sie streichen diese oder jene Besteigung besonders heraus, sie führen zu Wertmassstäben und Qualitätslisten und verwandeln den Berg in ein Stadion. Eine andere offene Frage ist diejenige der Übereinstimmung von Führer und topographischer Karte. Wir beziehen uns wieder auf Marcel Kurz: Als er seine riesige Arbeit unternahm, schrieb er für Touristen, die den Siegfried-Atlas zur Hand hatten ( 1:50000 ). Dieser jedoch wies auf gebirgigem Gelände unzählige Fehler und Ungenauigkeiten auf, welche Kurz, von Beruf Topograph, anhand der ihm zur Verfügung stehenden Dokumente berichtigte. Mit der Landeskarte, vorallem im Massstab 1:25000, besitzen wir ein ganz anderes Hilfsmittel, wo sich die Luftaufnahme und das Talent der Zeichner bis zu annähernder Perfektion kombiniert haben. Kurz konnte 1930 noch schreiben: « Die Karte ist die Grundlage eines solchen Führers. Für den ernsthaften Alpinisten ist sie ein unentbehrliches Hilfsmittel, das selbstverständlich die Wegbeschreibung vervollständigt und veranschaulicht. » Rechtfertigt sich diese Auffassung heute immer noch ganz? Oder könnte man sie nicht umkehren, indem man den Führer als Hilfe zur Karte sieht, welche er dort vervollständigen kann, wo die Karte aus ersichtlichem Grund nicht genügend ist, kurz gesagt, auf den Kämmen und in den Felswänden? Tatsache ist, dass bei Gletschern, aber auch aufwies und Fels in massig steilem Gelände die Karte oft klarer und vollständiger ist als die Beschreibung. Sollten wir den Leser nicht für alle Wege in offenem Gelände auf die Karte verweisen? Tatsache ist, dass man in unseren Führern fünfzehn und zwanzig Zeilen lange Beschreibungen über Wege findet, die sowohl in der Karte aufgezeichnet wie auch im Gelände gut markiert sind! Ein eindeutiger, für die Karte sprechender Vorteil: sie lässt die Tür der Initiative und sogar dem Abenteueroffen; sie macht keine zwingenden Wahlvorschläge, wie es der Führer zum Teil tut, vor allem das Buch ausgewählter Besteigungen, sondern sie stellt auf diskrete Art die gesamte Bergwelt dar. In diesem Sinne hält die Karte den Touristen in einem dem wahren Alpinisten eigenen Zustand der Aufmerksamkeit und des Beob-achtens, der auch sehr verschieden ist vom Ab-hängigkeitszustand des Robotermenschen, der « mit der Nase im Führer, wobei die Augen kaum einmal aufsehen », herumspaziert. Ein gemeinsamer Fehler jedoch: sowohl Karte als Führer werden erst nach zehn oder fünfzehn Jahren revidiert, und während dieser Zeit können sich Routen verändern oder Gletscher kürzer werden. Ein Grund mehr, unsere « grauen Zellen » zu gebrauchen, wenn wir die uns zur Verfügung stehenden Dokumente zu Rate ziehen. « Aber wer versteht schon die Karte richtig zu interpretieren? Wir müssen für diejenigen schreiben, die es nicht gewohnt sind und die dazu noch schlecht klettern! » sagte mir Maurice Brandt, Freund und Mit-Verfasser. Er hat recht, um so eher, als die beste Karte den besten Alpinisten in einem Gelände, dessen Tücken im Massstab I :25000 nicht ersichtlich sind, irreführen kann. Die Bemerkung gefällt mir aber besonders, weil sie auf den erzieherischen Wert, den ein Handbuch enthalten muss, aufmerksam macht. Jedenfalls sollte man sich bezüglich des Vorbe-reitungsniveaus vieler Touristen und Kletterer keinen Illusionen hingeben. Unfällen und gelegentlich auch mehr oder weniger amüsanten Zwischenfällen liegen oft unglaubliche Unkenntnis und Leichtfertigkeit zugrunde. Sicherlich hat der Alpenführer in erster Linie eine pädagogische Rolle zu spielen. Natürlich muss er auch aufzeigen, wo und wie man aufzusteigen hat; darüber hinaus aber sollte er lehren, wie man gut geht und gut klettert, und zum Untersuchen, Beobachten und Denken anregen. Wichtig ist, im Leser das richtige Gefühl für den Berg zu wecken; das ist etwas anderes als lediglich die physische Fähigkeit, ein Hindernis zu überwinden. Man wird nicht in einem Klettergarten Alpinist, sondern indem man zuerst leichte, dann allmählich immer längere, anspruchsvollere und vielseitigere Touren unternimmt. Das Handbuch muss den Kletterer auch « auf den Geschmack » für eine Route bringen und den Sinn für die persönliche Verantwortung entwickeln helfen. Das Handbuch meiner Träume? Dasjenige, das mit den nötigen praktischen und technischen Auskünften den Alpinisten herausfordert, sich mit Körper, Geist und Seele einzusetzen, ihm hilft, über die rein körperliche Anstrengung hinauszuwachsen und wirklich zu beobachten, was er sieht; ihn lehrt, sich zu orientieren, die Gefahr zu erkennen, die Suche und das Abenteuer zu lieben - kurzum, das Handbuch soll über das geschriebene Wort hinausführen, auf dass der Alpinist die Bergwelt, welche ihm das Büchlein dargelegt hat, besser verstehe, richtig einzuschätzen wisse und voller Ehrfurcht betrachte. Übersetzung. |
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Created: 14 Jun 2024 Last modified: 30 Oct 2025
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